Il y a en principe un dossier de 32 pages que j'ai composé sur ITER, qui se trouve sur le site de Sortir du Nucléaire. Mais vous aurez beaucoup de mal à le trouver. L'équipe dirigeante ne souhaite pas lui donner plus de visibilité. Je crois que nous devons perdre nos illusions vis à vis de ce "réseau". En tout cas, moi, je n'en ai plus.

 

SDN

 

Je suis trop fatigué en ce moment pour finaliser dans le détail un dossier que j'avais composé sur ITER, sur la base de la thèse de Cédric Reux.

http://www.jp-petit.org/NUCLEAIRE/ITER/These_Cedric_Reux.pdf

Il s'agit d'une thèse menée dans un "cadre CEA" (consultez les noms des membres du jury ).

 

couverture thèse Reux

 

Une lecture très instructive. Téléchargez là et allez lire la conclusion, page 165. Je vais vous en donner le début :

 

Conclusion

Afin d'opérer les futurs tokamaks dans de bonnes conditions de fiabilité, sûreté, sécurité et performance, il apparaît de plus en plus nécessaire de maîtriser les disruptions du plasma. Ces phénomènes violents correspondant à une perte de confinement du plasma sont à l'origine de trois types d'effets néfastes. Les effets électromagnétiques, comprenant les courants induits, les courants de halo et les forces de Laplace qui en résultent peuvent endommager l'enceinte à vide du tokamak et endommager des éléments de structure. Les effets thermiques provoqués par la perte de l'énergie contenue dans le plasma sont susceptibles de provoquer des dégâts irréversibles sur les éléments de paroi en contact avec le plasma. Enfin, des faisceaux d'électrons relativistes, accélérés pendant la disruption, peuvent perforer l'enceinte à vide.

Même si les disruptions sont étudiées depuis les premières années de tokamaks des années 1950, elles n'ont représenté jusqu'à une période récente qu'une gène mineure à l'opération des machines. Ce n'est qu'avec l'avènement des tokamaks de grande taille que leurs dangers ont commencé à se faire de plus en plus présents. Le contenu énergétique des futurs tokamaks et réacteurs étant de plusieurs ordres de grandeur supérieur à celui des machines actuelles, les conséquences des disruptions seront d'autant plus graves. La nécessité de les éviter ou de les maîtriser devient donc indispensable, l'évitement n'étant pas toujours possible.

Les tokamaks comme ITER sont des machines dangereuses, sous plus d'un aspect. On a soigneusement caché cette instabilité foncière de ces machines au public. Les images de synthèse présentées au public, montrant un beau plasma en forme de tore, solidement bridé par son champ magnétique ne sont que du bourrage de crâne. Tous les spécialistes le savent.

Il y a ceux qui se taisent parce qu'ils ont ne nez dans la mangeoire, ou espère y glisser leur museau. Mais il y a ceux qui savent parfaitement à quoi s'en tenir, mais se tairont, sous peine de se voir immédiatement privés de tous leurs moyens de recherches par un lobby du nucléaire extrêmement puissant. J'ai été pendant cinq mois en contact étroit avec ces gens et ce sont eux qui m'ont orienté vers cette thèse de Cédric Reux (novembre 2010) qui apporte le coup final au projet. Je suis en quelque sorte leur ... porte parole.

J'ajoute que suite à la mise en place de ce dossier j'ai été l'objet de ... menaces téléphoniques, m'incitant, de manière policée, à m'occuper d'autre chose, sous peine de gros, gros ennuis. Normal : il y a tellement de milliards à la clé.

Ceci étant, les Commissaires gérant l'Enquête Publique viennent de rendre "un avis favorable avec recommandations". J'ai été maintes fois en contact avec les président de cette commission, André Grégoire, qui m'a magnifiquement mené en bateau pendant des mois. Ayant été bon graphologue dans le temps, si j'avais pu voir sa signature avant de dialoguer avec lui, j'aurais immédiatement compris. La graphologie n'est pas un art, c'est une technique. Et il est amusant de constater que les gens les plus dissimulés sont ceux qui révèlent leur rouerie de la manière la plus évidente dans leur écriture.

Cet avis sera bientôt suivi de celui de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, qui sera de la même veine. En fait ces rapports étaient déjà écrits avant que ce simulacre d'enquête ne commence. Comme je l'ai dit à Grégoire, à qui j'avais fourni les renseignements nécessaires "j'aurais préféré démissionner d'une telle commission, plutôt que de me déshonorer en apposant ma signature au bas d'un tel rapport". Mais je suis Jean-Pierre Petit, je ne suis pas André Grégoire.

Engager 35 pays et principalement 7 pays acteurs de cette opération, qui se terminera pas le fiasco du siècle ne peut pas être considéré autrement que comme une escroquerie monumentale. Y a-t-il parmi cette troupe confuse, des gens qui ont conscience qu'engager des dizaines de milliards d'euros dans un projet complètement foireux est une escroquerie ? Ca n'est même pas sûr. ITER est un corps sans tête, un patchwotk, une constellation de technologies. Il y a ceux qui accélèrent des neutres pour le chauffage, ceux qui régulent la montée du courant dans les bobines, les spécialistes de la cryogénie, les administratifs, les concepteurs de multiples systèmes de mesure, etc... etc ...

Tous ces gens sont noyés dans leur spécialité et aucun n'a une vue d'ensemble. Beaucoup de ceux qui ont été à la base de la conception de la machine sont ... décédés. Il est significatif de voir que pendant des années le directeur du projet ITER, le Japonais Ikeda, avait derrière lui un passé de ... diplomate. Motojima, qui lui succède, ne vaut guère mieux.

Il faut bien comprendre une chose dans ce monde de la techno-science de grande ampleur. Pour faire carrière dans ces sphères là, on fait une thèse, on publie quelques papiers, jusqu'à une petite quarantaine. Mais si dans les années suivantes on reste le nez dans ses éprouvettes, adieu la carrière ! Le reste doit se jouer à coup de "relations humaines", de discours, de gestion, de menées dans les sphères politiques. Des papiers scientifiques, on continue d'en signer, nombreux, mais en ajoutant simplement son nom à un travail réalisé par des "collaborateurs". Tel est par exemple Gabriel Marbach, dont je connais parfaitement l'incompétence en matière de plasma. Or, prenant la suite de Michel Chatelier, il est devenu directeur de l'Institut de Recherche sur la Fusion par Confinement Magnétique.

 

marbach

Gabriel Marbach, donnant une conférence à "l'Université de Tous Les Savoirs".

 

Un type de Marseille a tenté d'organiser un face à face public entre Chatelier, Marbach et moi, dans une salle, devant le public. Ils se sont récusés "en disant qu'ils ne s'occupaient plus d'ITER". Dans ce cas, que font-ils dans le jury de la thèse de Reux, en date de novembre 2010, où Chatelier est même rapporteur ?

Je sais que si je branchais Chatelier et Marbach sur des problèmes un peu pointus, comme celui des disruptions, évoqué plus loin, le résultat serait un complet cafouillage. Ils n'ont pas voulu prendre le risque. Et ça serait très probablement le cas avec le "chef", Motojima.

A propos de Chatelier et de Marbach, allez jeter un oeil aux deux courriers que l'ai adressés à Bernard Bigot, administrateur Général du CEA.

Courrier du 25 août 2011         Courrier du 26 août 2011

Il m'a répondu une lettre de 3 pages, que j'essayerai de positionner sur le site de Sortir du Nucléaire.

A propos de ces "disruptions" je n'en donnerai qu'une évocation "très vulgarisée". Les tokamaks sont des engins extrêmement complexes, infiniment plus compliqués que des réacteurs à fission. Des projets comme ITER ont été en quelque sorte protégés par leur complexité. Il existe d'excellents spécialistes, en France, de ces sujets. Mais, s'ils ne sont pas complices de la plus grande escroquerie de technoscience de l'histoire, ils sont baillonnés, tant qu'ils n'auront pas atteint la retraite. Il n'existe pas, en dehors de votre serviteur, de scientifique, libre de parole, d'interlocuteur apte à embrasser l'ensemble des phénomènes qui sévissent dans ces machines, qui sont de la MHD à 100 %. Des gens connaissant bien la fission, ou la physique nucléaire, ou la technologie des accélérateurs de particules ne sont pas à même de bien comprendre le fonctionnement de ces engins. En incitant ces gens à se pencher sur la question et à prendre position, je 'ai eu que des réponses du type :

- Désolé, les plasmas, ça n'est pas mon domaine, et la MHD, a fortiori, non plus.

Les tokamaks sont des machines foncièrement instables, et cela depuis le début, depuis les années cinquante. Le concept de "fusion contrôlée" est un mythe. Lisez la thèse de Cédric Reux pour vous en convaincre. Certes, ce sujet est scientifiquement passionnant. C'est une mine de thèses, d'études, d'acrobaties innombrables, de mesures sophistiquées, de défis technologiques. A titre d'exemple, je rappellerai que le système de magnétisation d'ITER engrangera 51 gigajoules, soit l'énergie cinétique du porte avion Charles de Gaulle (45.000 tonnes) lancé à 177 km/h.

 

energie aimant

Dans les années soixante j'avais construit un générateur MHD doté d'un solénoïde où passaient 54.000 ampères, développant 2 teslas (dans un volume de quelques litres). Le problème majeur, outre la commutation d'une telle intensité, délivrée par une batterie de condensateurs, a été de brider les bobines suffisamment solidement pour qu'elles ne nous explosent pas à la figure.

Les éléments de la bobine supraconductrice vont se trouver soumis à des tensions équivalant à ce qui se passerait si elles étaient fixées sur une chambre torique (de 840 mètres cubes) gonflée à 100 bars. Tout cela est " the biggest in the world", sous maints aspects, mais s'il faut considérer cela comme un projet technologiquement et scientifiquement viable, pouvant à terme donner naissance à une famille de générateurs électriques exploitant l'énergie de fusion, la réponse est , catégoriquement :

NON

Les disruptions sont des instabilités MHD. Je les comparerais, par leur soudaineté et leur violence, aux éruptions solaires. Comme ces éruptions solaires, ce sont des phénomènes dissippatifs. Un phénomène dissipatif est un phénomène naturel, spontané, qui tend à expulser vers l'extérieur de l'énergie qu'on cherche à concentrer quelque part. La turbulence, dans une casserole d'eau bouillante, est un phénomène dissipatif. Le Soleil est un système dissipatif, beaucoup moins agité, a priori, qu'un tokamak, puisque la température au centre de l'astre est dix fois plus faible que dans ceux-là. 15 petits millions de degrés au coeur du Soleil, contre 150 millions dans le JET.

Cette énergie dégagée au coeur du soleil doit transiter vers la surface. Ainsi "le Soleil est une casserole 3d, à symétrie sphérique". Son confinement est assuré par la gravitation. A l'intérieur, des courants de convexion facilitent la montée de cette énergie vers la surface, de manière soft. Les photos du Soleil en haut résolution montrent une structure "en gains de riz", chacun signalant la présence d'une cellule convective, sur une surface dont la température n'est que 6000°C. .

Mais le Soleil ne dissipe pas son énergie que par convexion. De temps à autre un zone superficielle se trouve dotée d'une température plus basse. Ce sont les "taches solaires", qui ne sont qu'à 2000°C. A l'intérieur du Soleil le plasma et le champ magnétique sont étroitement liés. Mais dans ces taches, la conductivité électrique diminue, alors les lignes de champ peuvent s'échapper. Il se forme une ... hernie magnétique, en forme d'arche.

 

éruption solaire

Eruption solaire. Arche de plasma

Vous vous rappelez ce qui se passe quand vous surgonflez une chambre à air de bicyclette. Il arrive un moment où les tensions mécaniques présentes dans le caoutchouc de l'enveloppe ne permettent plus de contrebalancer la force de pression. Et vous obtenez une belle hernie. Si vous insistez, cela éclate.

Phénomène similaire dans l'éruption solaire, issue de cette tache, qui se divise en deux, chacune marquant le pied d'une immense arche magnétique. Le champ magnétique décroît alors, des ces pieds de l'arche jusqu'à sa partie la plus distante de la surface. Cela a pour effet d'accélérer les particules chargées qui émergent de la surface du soleil, au niveau des deux taches portant ces "piliers". Chaque tache se comporte comme un émetteur de particules de haute énergie. Ces particules acquièrent de l'énergie cinétique, puis entrent en collision dans l'arche elle-même, dans cette "hernie". La température du plasma dans l'arche monte à 10 million de degrés et la pression vient à bout du confinement magnétique que tentent d'assurer les lignes de champ. L'arche éclate et nous obtenons une éruptions solaire. Ce phénomène explique la forte température de la "couronne solaire".

 

éruption solaire coronographe

L'environnement du solaire. Le soleil est caché par un disque-coronographe
Franchement, vous mettriez une enceinte matérielle autout d'un truc pareil ?

Dans les faits, c'est "la solution qu'invente la nature pour éjecter plus d'énergie vers l'extérieur". Si un dieu avait un jour décidé d'enfermer le soleil "dans une éprouvette sphérique", il pourrait peut être y parvenir, en y mettant les moyens et en disposant à une certaine distance de la surface une paroi puissamment refroidie par des tubulures de cuivre, où circulerait pas exemple de l'eau pressurisée, ce qui permettrait, en mettant en oeuvre un système de pompage à l'échelle du problème, d'aller réchauffer par exemple les plus lointaines planètes du système solaire. Un joli sujet d'exercice pour des élèves ingénieurs.

Mais quand surviendrait la première éruption solaire, cette enveloppe volerait en éclat

Quand on fait fonctionner un tokamak, on établit dans un ensemble de bobines un fort champ magnétique (5,3 teslas dans ITER). On crée ensuite (par induction, grâce à un courant croissant passant dans une bobdine centrale ) un "courant plasma", qui circule dans le milieu totalement ionisé contenu dans la chambre torique.

 

schéma tokamak

 

Source : thèse de Cédric Reux

 

On distingue les bobines supraconductrices, entourant le plasma. Ce sont elles qui produisent un champ magnétique de 5 teslas. Au centre, le solénoïde qui est parcouru par un courant croissant, lors de l'amorçage de la machine. Le champ magnétique variable créer le courant plasma, sous forme de courant induit. Celui-ci crée sa propre composante diu champ, dite "poloïdale", qui se superpose au champ (toroïdal) créé par les bobines disposées autour de la chambre torique. Au résultat, les lignes de champ prennent des formes spirales (représentées). En rouge, le plasma.

Autour de la chambre sont disposées des bobines circulaires, situées dans des plans horizontaux, parcourues pas des courants dont l'intensité est régulée par l'ordinateur pilotant la manip, lui-même informé de la position du plasma. Ces bobines maintiennent le cordon torique de plasma en position verticale. ..

Quand la température de celui-ci dépasse dix millions de degrés, le plasma cesse d'être "résistif". En son sein, l'effet Joule disparaît.

L'effet Joule résulte d'un transfert d'énergie, par le jeu des collisions, depuis le gaz d'électrons vers le gaz d'ions. On parle alors de "section efficace de collision électron-ions". Celle-ci varie comme l'inverse de la puissance quatre de la vitesse relative des électrons par rapport aux ions (leur "vitesse d'agitation thermique"). Quand le plasma est porté à 100 millions de degrés, la vitesse thermique des électrons atteint 50.000 km/s. Ceux-ci ne "voient" alors plus les ions, passent à côté sans interagir.

Serait-ce à dire que le milieu deviendrait ... supraconducteur ? Est-il alors nécessaire d'apporter de l'énergie au gaz d'électrons pour entretenir ce "courant plasma" ( un million d'ampères dans Tore Supra, un million et demi dans le JET anglais. 15 millions dans ITER ). Oui, il faut un apport d'énergie, pour entretenir ce courant, à l'aide d'ondes progressives. Un système qu'on désigne par le terme " current drive ".

Il y a des pertes, mais figurez vous qu'on n'en connaît pas le mécanisme exact. Le mot clé est "turbulence". Un transfert d'énergie turbulent s'opère dans le plasma. On constate l'existence de pertes ( qui annuleraient le courant plasma en une milliseconde si on coupait le current drive ) mais on ne sait pas modéliser ce phénomène de dissipation d'énergie. On ne sait même pas ce qui se passe exactement ...

Quand les choses se passent au mieux, le tokamak atteint un "régime de croisière". Qu'est-ce alors qu'une disruption ?

Tout d'un coup, en un millième de seconde, la température du plasma s'effondre, chute d'un facteur mille, passe de 100 millions de degrés à ... 100.000 degrés.

 

Quench

Source : thèse de Cédric Reux

 

L'énergie correspondante est évacuée par rayonnement (ce que la paroi peut encaisser). On ne connaît pas le mécanisme de cet effondrement de la température. Mais l'effet est que le plasma devient résistif. L'effet Joule réapparaît, qui fait dégringoler le courant circulant dans le plasma, toujours en un temps de l'ordre de la milliseconde.

Le plasma devient alors ... complètement chaotique. Les lignes de champ magnétique, qui s'enroulaient jusque là en spirale avec une belle régularité, se transforment en un paquet de nouilles. Un état de régime totalement turbulent et incontrôlable s'établit. Le changement de configuration peut être comparé à la fumée d'une cigarette, qui monte d'un mégot posé sur un cendrier, dans une pièce où l'air est au repos. Cette fumée monte bien régulièrement, sur 10 cm, et soudain apparaît une turbulence.

Le désordre le plus complet succède à l'ordre.

Dans le plasma du tokamak, c'est pareil. Personne ne sait modéliser ces phénomènes. La turbulence dans un gaz est "un phénomène de proximité". Elle s'établit par exemple dans la "couche limite" avoisinant un profil d'aile, donc au voisinage immédiat d'une paroi. Mais quand cette turbulence s'établit, elle ne perturbe pas l'écoulement gazeux autour de l'appareil entier, à grande distance.

Dans les plasmas un couplage s'effectue par le champ électromagnétique. Quand la turbulence apparaît en un endroit, elle se propage à l'ensemble de la machine, en un millième de seconde, le chaos le plus total s'installe dans la chambre toroïdale (avec vous entendu un "charge de la communication" d'ITER vous parler d'un tels phénomène ? Soit il s'en garde bien, soit il n'en connaît même pas l'existence, se contentant de débiter son petit boniment). .

De nos jours "un théoricien", c'est un type qui essaye de faire des simulations avec un gros ordinateur. C'est évidemment ce qu'on essayé de faire les gens avec leurs tokamaks, qui contiennent de 1020 à 1022 particules. Ces particules contribuent à la création du champ électromagnétique. Comme en astrophysique, il faudrait, pour bien faire, intégrer, à chaque pas de calcul, l'action d'une particule avec toutes les autres, et tenir compte du rayonnement, de l'action des impuretés. Impossible, même avec les machines les plus puissantes.

Dans la thèse de Cédric Reux vous verrez qu'une approche moins parcellaire consiste à essayer de décrire le plasma dans un espace à six dimensions (3 pour la position, 3 pour les coordonnées du vecteur vitesse). On doit alors se tourner vers l'équation de Boltzmann. Il se trouve que c'est un monde où j'ai longtemps évolué, à la charnière des années soixante-soixante dix. Une partie de ma thèse est consacrée à la première formulation des calculs des coefficients de transport dans un plasma bitempérature, par la théorie cinétique des gaz (une partie qui manque dans ma biographie Wikipedia, mais peu importe). Toujours est-il que nos théoriciens d'aujourd'hui sont bien mal à l'aide avec ces systèmes d'équations intégro-différentielles couplées.

Alors on schématise, on émet des hypothèses concernant le comportement des dites particules. On bricole, on ne sait plus ce qu'on fait et, au résultat, on est dans le bleu complet. Personne ne sait dire " dans telles circonstances, une disruption se produira ".

En prenant une image que le Grand Public puisse comprendre, le plasma d'un tokamak est comparable à un dragon brûlant qui tiendrait sa queue entre ses dents. S'il lâche prise, il se tortille aussitôt comme un fou furieux dans sa prison de métal et sa gueule ira mordre le premier objet venu, sur la paroi.

D'où une décharge disruptive dont l'intensité égale celle du courant plasma : un million d'ampères. Cela fond la partie qui reçoit cette énergie, la volatilise.

Les forces de Laplace tordent des éléments de cette paroi (photos dans la thèse de Cédric Reux, dont vous apprécierez l'humour au passage.

 

limiteur tordu


Les forces de Laplace ont tordu cet élément du limiteur de Tore Supra et arraché la couverture en carbone

Source : thèse de Reux

 

Limiteur tore supra

Disposition du limiteur sur Tore Supra (en bas)

 

fusion beryllium

Fusion de la couverture en beryllium, sur le JET, sous l'effet d'une disruption. Thèse de Cédric Reux

 

Dans un tokamak comme Tore Supra, on a connu de nombreuses disruptions, dont certaines ont mis la machine HS pendant pas mal de temps. Dans ce cas, l'expérimentateur entend un grand "boum". Puis on ouvre la bête et on balaye les débris. On change les parties amochées. Dans Tore Supra,, il n'y avait pas de fusion (la température atteinte n'a jamais été suffisante), donc ils n'existe aucune partie de la machine qui soit "activée" par une émission de neutrons, soit revenue radioactive. Comme le note Reux dans sa conclusion, dans un grand tokamak il en sera tout autrement. Dans ITER, les disruptions seront des coups de foudre de 15 millions d'ampères (150 millions dans DEMO, qui ne sera conçu que pour produire seulement 700 mégawatts électriques)

Un autre phénomène se surajoute. Vous savez que les dragons crachent le feu, c'est bien connu. Ils ouvrent leur gueule et un jet violent en sort. Dans une disruption, c'est analogue. La "gueule du dragon" c'est un tube de champ magnétique où celui-ci, variant rapidement, se comporte comme un accélérateur de particules, d'électrons (faire la comparaison avec les arches magnétiques des éruptions solaires). En un rien de temps des électrons du plasma acquièrent une vitesse égale à 98 % de celle de la lumière. Ils deviennent relativistes, "découplés" (par rapport aux ions). Leur énergie atteint des valeurs allant de 10 MeV à 40 MeV.

Ajouter à ce mélange infernal un effet d'avalanche connu depuis 1978. Celui-ci, on sait au moins le modéliser. Les électrons de haute énergie interagissent avec des électrons "thermiques" et leur communiquent de l'énergie. Ceux-ci, à leur tour, etc...

Sur Tore Supra le coefficien d'amplification est de 104

Sur ITER il sera de 1016 (ça se calcule. Voir la thèse de Reux)

Ces électrons de haute énergie ne déposent pas leur énergie superficiellement. Ils sont capables de pénétrer profondément dans les structures pariétales. Il y a d'abord la "première paroi", d'un centimètre d'épaisseur, faite d'un élément toxique et cancérigène, le béryllium. Puis, immédiatement derrière, les éléments "tritigènes" (qui recréent du tritium à partir du lithium, bombardé par les neutrons de fusion). Dans DEMO, ces éléments seront juste derrière cette paroi de béryllium, épaisse d'un centimètre. Par exemple un mélange de lithium-plomb, à l'état liquide, refroidi par eau.

 

tritigène

 

Source : site du CEA

 

André Grégoire, président de la Commission d'Enquête Publique, cherchant à se rassurer :

- Dans ITER il n'est prévu de tester que deux de ces cellules

Plus les tokamaks seront grands, plus l'intensité de leur courant plasma sera élevée (15 millions d'ampères dans ITER, 150 millions dans DEMO, etc).

Plus ils seront instables et plus l'effet des disruptions sera violent, destructif.

 

Tore Supta-DEMO

DEMO, véritable bombe, ne produira que 700 MW électriques.

 

A ce stade, vous êtes tenté de vous dire "mais pourquoi avoir voulu à tout prix changer d'échelle, alors qu'on devait faire face à une masse de problèmes non résolus ?"

Cela reste un mystère. Mais comment les grandes décisions de recherche sont-elles prises ? Comment un président de la République comme Giscard d'Estaing, polytechnicien, a-t-il pu donner son feu vert à un projet auss brâmeux que celui des "avions renifleurs" ? Quelle cette logique d'un tel changement d'échelle des tokamaks ?

Grossièrement parlant, un appareil comme un tokamak a une production d'énergie qui est proportionnelle au volme de son plasma, donc au cube de sa dimension. Ses pertes peuvent être considérées comme proportionnelles à la surface de sa chambre, donc au carré de sa dimension caractéristique. Ainsi, en doublant la dimension de la machine, ce qui correspond au passage du JET à ITER on devrait doubler le rapport Q, le rapport puissance produites sur pertes. D'autre facteur, liés à la probabilité des fusions au coeur du plasma, joue.

Dans le JET on avait obtenu un rapport Q = 0,65. On pouvait espérer obtenir au moins le doubler, c'est à dire une puissance (thermique) produite supérieure à la puissance consommée pour chauffer le plasma (principalement par injection de neutres) et pour entretenir le courant plasma avec le current drive. C'est dans cette optique qu'on a dessiné cette chimère monstrueuse et de toute évidence, dangereuse, que le public petrçoit comme un engin capable de fonctionner ... en régime permanent !

Ca n'est pas de la physique, c'est de la mégalomanie et .. de la politique. On sait qu'un grand physicien français a pesé de tout son poids pour que la machine soit implantée en France. Ce grand physicien, c'est Jacques Chirac. .

Au téléphone, Gregoire me disait "ils auront cinq ans pour résoudre le problème des disruptions". Mais comment cela serait-il possible alors qu'on n'a jamais été fichu de dominer ce phénomène, en même de le comprendre, depuis plus de 60 ans !?!

Les physiciens et les ingénieurs vont bien s'amuser, pendant des décennies. Gtassement payés, ils publieront, voyageront se rencontreront. Et vous, pauvres couillons de contribuables, vous payerez l'addition.

Cette voie de l'énergie "par fusion contrôlée" est une impasse totale. Car cette fusion, on ne l'a jamais contrôlée et on n'est pas prêt de le faire. Tous simplement parce que la turbulence est un comportement naturel de tous les systèmes, un comportement dissippatif. Vouloir à tout prix fonctionner sans turbulence revient à vouloir lutter contre un des aspects les plus naturels et les plus fondamentaux de la nature (qui permet au passage au carburant de brûler dans votre moteur à explosion, et au nuages du ciel de contrôler la météorologie de la Terre, etc. ).

Vouloir contrôler le plasma d'un tokamak, c'est comme espérer faire s'évaporer de l'eau dans une casserole, en chauffant par en dessous, mais en décidant qu'on s'interdira toute convexion, tout mouvement de cette eau, toute turbidité. On pourrait alors placer des capteurs détectant le moindre mouvement ascendant, et faire en sorte que celui-ci soit contrarié en réduisant derechef le chauffage à la partie du fond de la casserole qui est concernée, où nait l'ascendance.

Plus la casserole sera grande et plus le chauffage sera intense, plus le fait de contrarier cette turbidité liquide deviendra acrobatique, et à la fin parfaitement impossible.

Chassez le naturel, il revient au galop

Un tokamak sans turbulence, c'est un soleil sans éruptions solaires, une météo sans vent ni nuages, un océan sans courants.

Pour finir, en prime, je vais vous expliquer, en exclusivité, ce qui crée les disruptions. A mon avis, il se produit dans le plasma un phénomène de micro-turbulence analogue à celui découvert en 2006 par Malcom Haines dans les Z-machines, générateur d'une "résistivité turbulente".

Dans le cordon de plasma hyperdense des Z machines, ces instabilités créent des mini "spheromaks".

Qu'est-ce qu'un spheromak ?

Prenez une pomme. Quand vous découpez un quartier, imaginez que son pourtour soit une ligne de champ magnétique, fermée. Ce champ est créé par un courant, également fermé "qui tourne dans la pomme" , selon des orbites circulaires ayant l'axe de la pomme comme axe de symétrie. On appelle aussi cela aussi un plasmoïde auto-confiné (imaginez un fil qui passe par les grains, en les enfilant, comme les perles d'un collier). Ce sont des structures d'une stabilité toute relative, du fait de leur interaction avec leur entourage (collisions, phénomènes radiatifs).

Un autres système "auto-confiné", également instable : les "ronds de fumée".

Les plasmoïdes qui se forment dans les Z-pinches correspondent aux "points chauds" (observés). Ils se créent et se dissipent en quelques nanosecondes. Ces structures sont composées d'un milliard d'ions fer, plus des électrons qui jouent la sarabande.

Ces "grumeaux de plasma de fer" constituent alors des obstacles autrement plus importants que les ions fer isolés. D'où un "effet Joule anormal" qui explique les très fortes températures mesurées, représentant une énergie thermique qui excède de 2 à 3 fois l'énergie cinétique correspondant au mouvement d'implosion vers l'axe, des fils métalliques, de l'épaisseur d'un cheveu, où passent dans chacun 70.000 ampères.

Cette instabilité est là, bénéfique. C'est un phénomène dissippatif, un de plus, qui crée un effet Joule "anormal". Dans ces machines, la turbulence permet d'obtenir des fantastiques montées en température, but recherché. Trois milliards et demi de degrés dans les expériences de Sandia de 2006. Probablement sept maintenant, et plus dans la Z-machine que les Russes construisent, et qui crachera 50 millions d'ampères. Plus le courant passant dans le "pinch" sera élevé, plus la turbulence y sera forte et plus la température grimpera. Schématiquement : comme le carré de l'intensité électrique. C'est dans cette direction qu'il conviendrait de progresser : celle d'une fusion impulsionnelle, pouvant déboucher sur une fusion aneutronique Bore Hydrogène (sans émission de neutrons). C'est une affaire de décennies, mais c'est 500 fois moins cher qu'ITER.

Hélas, ces recherches sont déjà totalement récupérées et sanctuarisées par le secteur militaire (bombes à fusion pure, miniatirisables).

Détail : dans la machine russe ces 50 millions d'ampères ampères seront délivrés, en 150 nanosecondes (Smirnov, Biarritz, juin 2011, communication personnelle) par un explosif. Donc, dans cette course à la bombe à fusion pure, les Russes s'apprêtent à distancer les Américains, étant les seuls (je voudrais bien savoir comment ils s'y prennent) à pouvoir produire ces courants en aussi peu de temps avec des explosifs.

Revenons aux tokamaks. Je conjecture (les spécalistes sont assez d'accord avec cette idée) que des micro instabilités MHD (par rapport à la taille de la machine) se forment, regroupant un nombre N d'ions hydrogène. Ces grumeaux constituent alors des obstacles bien plus importants que des ions isolés. D'où une interaction avec les électrons. Ceux ci subissent derechef un freinage puissant et il y a émission de rayonnement de freinage (bremmstrahlung), lequel varie comme le carré de la charge électrique du grumeau !). Si ces grumeaux sont constitués par des centaines de milliers d'ions, voire plus, imaginez l'effet. Le refroidissement radiatif est pratiquement instantané.

Ainsi, un phénomène d'instabilité, qui fait le bonheur des uns, fait le malheur des autres

N'espérez pas que les "théoriciens" des tokamaks pourront faire émerger ce phénomène à l'aide de leurs ordinateurs. Ceux-ci n'ont pas la puissance nécessaire. Comme cette découverte de Malcom Haines est relativement récente, ils ignorent même ce phénomène de "résistivité turbulente", se contentant d'en constater les effets.

Dans une disruption, la température du plasma s'effondre. A 100.000° ce plasma n'est plus "un plasma de fusion', ce qu'on appelle un "plasma chaud". La conductivité électrique s'effondre, et avec elle le nombre de Reynolds magnétique (qui est la mesure du couplage champ-plasma). A bas nombre de Reynolds magnétique, les instabilités de type plasma froid s'en donnent à coeur joie. Là, le papier crayon est fortement recommandé. Inconnu dans les laboratoires, de nos jours. On interroge l'ordinateur, comme l'oracle de Delphe.

Vous voyez que tout cela est totalement hopeless. On pourrait ajouter l'abrasion de la première paroi par bombardement ionique et "photo-abrasion". On ignore quel sera le comportement de la première paroi en béryllium, sous l'effet de cette abrasion et du bombardement âr les neutrons de 14 MeV ? On pourrait rajouter la problèmatique régénération du tritium par "les cellules tritigènes, au lithium". Qu'à cela ne tienne : allons de l'avant. On verra bien.

Un jour, Motojima, directeur du projet ITER, a déclaré à un journaliste :

- Ca n'est pas parce qu'on ne dispose pas de ce matériau magique permettant de résister à un bombardement de neutrons de fusion de 14 MeV (contre 2 MeV pour les neutrons de fission) qu'on ne va pas construire la machine.

- Une réponse d'irresponsable, m'a dit André Grégoire au téléphone.

Une "belle phrase", non suivie d'effet.

Je vais aussi vous apprendre une chose (tout cela est dans la thèse de Reux). Quand les chercheurs font fonctionner leurs tokamaks, ils mesurent le maximum de choses, de paramètres. Mais comme ils ne savent pas comment ces disruptions s'installent, quelle est, comme dirait maître Panglosse, "leur raison suffisante", ils se sont contenté d'enregistrer ces valeurs, depuis des décennies, comme des météorologues aveugles, incapables de regarder le ciel, qui vivraient enfermés dans des stations, noteraient la température, la pression, le degré hygrométrique. Ils constateraient que pour certaines valeurs, et une certaine évolution des dits paramètres, des événements météo surviendraient.

On note.

Dans les tokamak, on a fait de même, en constituant une base de donnée, fondement d'un "système expert". Quand certains paramètres évoluent "d'une certaine façon", dirait le regretté Fernand Reynaud, on sait qu'une disruption va se produire et qu'alors il faut baisser le régime, régulièrement. Une coupure brutale du courant plasma engendrerait une catastrophe.

On étouffe aussi le plasma en y injectant sous forte pression, de l'hélium froid, ou de l'argon, par des tuyères (thèse de Cédric Reux).

Tore Supra a sa base de donnée, servant à conduire les expériences, construite à partir de décennies de "tirs". Tout se passe si vite que vous n'imagineriez pas un opérateur agissant sur la molette d'un rhéostat.

L'ordinateur, de tout s'occupe

Le JET a aussi la sienne. Essayez de conduire des expériences sur une machine en la pilotant avec la base de données de l'autre : bonjour les dégâts.

Quelle base de donnée permettra de piloter ITER, demande Cédric Reux ? Comment la construira-t-on ? Au prix de combien de catastrophes successives?

Mais, ne vous inquiétez pas. Il faut d'abord construire la machine, après, on avisera. Le premier plasma sera dans dix ou quinze ans. La première montée en puissance dans 20 ans. Les premières expériences avec du tritium dans trente. Beaucoup des types qui poussent tant et plus pour que ce projet s'installe seront à la retraite avant les premiers "tirs".

L'opinion (privée) d'André Grégoire (qui doit considérer une telle phrase comme l'expression même de la sagesse):

- A mon avis, on construira ITER et ça n'ira pas plus loin.

Au passage des dizaines de milliards d'euros auront été dilapidés, des milliers de types, dont on ne saura ensuite que faire, auront été payés à mener des expériences qui ne déboucheront que sur l'échec. Toute une région aura été défigurée pour ressembler à un centre de recherche complètement bidon.

Quand l'échec sera patent, André Grégoire (et moi sans doute), nous serons six pieds sous terre. C'est égal, je n'aurais pas aimé signer son fichu rapport. Après, personnellement, j'aurais eu du mal à me regarder dans une glace.

Je ne vous suprendrai pas en vous disant que la majorité des élus, conseils municipaix et Conseil Régional réunis, sont masivement en faveur de ce projet "ITER en Provence" qui "dynamisera la région", en peuplant les bleds de piscines et de courts de tennis, en donnant lieu à de jûteuses opérations immobilières. Même majorité écrasante chez les parlementaires européens, chargés de valider l'extension de l'enveloppe bidgétaire de 5 à 15 milliards d'euros (pour commencer). Ils sont descendus en Juin à Cadarache pour entendre les beaux discours des tenants du projet. Leur niveau scientifique est inférieur à ceux d'un lecteur moyen de Science et Vie. Et, bien sûr, aucun contradicteur de poids n'a été admis lors de cette rencontre.

Quant aux "Verts", ils papillonnent. La politique est un métier à plein temps.

J'ai vainement essayé de leur courir après. Autant essayer d'attraper des papillons.

Dernière précision : il y a deux semaine je suis monté à Manosque, au siège de l'antenne locale du journal régional La Provence. J'ai remis au journaliste Fossart la copie de la thèse de Reux, et lui ai fourni quelques explications de base. Il a promis de produire un article sur ce sujet après que la Commission d'Enquête Publique ait rendu son avis et rapport, ce qui est maintenant le cas. Si quelqu'un voit apparaître ce papier dans l'édition régionale "Alpes", qu'il me le signale. Dans son dernier article, après avoir assisté à une réunion de la Commission d'Enquête Publique, où j'étais présent et où j'avais déroulé pas mal d'argumentq, il avait pondu un article titrant " ITER : les antinucléaires tirent leurs dernières cartouches ".

Il y a un mois la députée européenne Michèle Rivasi a tenté de l'ouvrir les portes des journaux Le Monde, le Canard Enchaîné et Mediapart. Devant les tirs de barrage rencontrés, elle a abandonné. Je suis dans nouvelles depuis.

Bon, je vais me remettre à la mise en couleur de la couverture de "la Bible en BD". Le blanc de mon oeil droit a toujours la couleur du sang coagulé. La fatigue. Cinq mois passés sans un jour de repos, pour cette nouvelle bataille perdue. Comment espérer convaincre des gens qui ont toujours été "aux ordres".

Dominique Lalanne, ancien de l'atome, retraité, cosignataire, du dossier de 32 pages en principe installé ... quelque part dans le site de Sortir du Nucléaire a téléphoné le 25 septembre dernier à Philippe Brousse, directeur du collectif, en réclamant une meilleure visibilité de ce document.

 

Démarche non suivie d'effet

A propos de ce document, Jean-Marie Brom, directeur de recherche au CNRS, "Fer de lance de l'association Sortir du Nucléaire" m'a dit au téléphone : "J'avais signé ce rapport sans le lire. Mais si je l'avais lu, je ne l'aurais pas signé" (...).

D'autres ont refusé de cosigner le document, parce que ses parties II (les solutions en matière d'énergies renouvelables) et III (évocation de la Z-machine) leur ont paru hors sujet.

Même en l'état (il serait à compléter en ajoutant un chapitre sur ces "disruptions") ce rapport est trop dérangeant, pour certains, sans doute. Eh oui, le fonctionnement de ce collectif, regroupant 800 associations intrigue pas mal de gens. C'est une une association puissante, qui salarie quinze permanents. Les antinucléaires rechignent à mettre en doute, comme le fait carrément Stéphane Lhomme, l'intégrité de ses dirigeants.

 

Trouvez-vous normal que le rapport que j'ai rédigé reste aussi inaccessible dans ce site ?

 

Philippe Brousse, directeur du "réseau" Sortir du Nucléaire n'a qu'un téléphone à décrocher pour que ce dossier devienne "visible". Il me semble suffisamment important et riche pour être accessible depuis la page d'accueil. Vous apprendrez au passage que cette usine à gaz a une "chargée de communication" nommée Opale Crivello.

 

Efficace, la nana.....

Je vais souffler un peu en finissant de coloriser la couverture de ma BD sur la Bible, puis je ferai une version pour Agoravox, où la "visibilité" semble moins .... problématique.

 

Bon, pour conclure : quelqu'un a-t-il un coin de salon avec deux matelas, à Angoulème, entre le 26 et le 29 janvier prochain ?