I have a dream

4 juillet 2007

 

J'ai beaucoup de choses à faire, dans différents domaines. Commencer de nouvelles BD, reprendre des travaux de maths. Mais ce matin je ressens le besoin de parler de quelque chose.

Nous avons un rêve

Les rêves sont ce qu'il y a de plus puissant chez les êtres humains. Ce sont eux qui modifient le destin du monde. Sans les rêves, nous ne sommes rien, ou pas grand chose. Les rêves sont le fait de visionnaires. Il y en a de différentes sortes. Certains peuvent créer un chaos indescriptible. Vous ne vous souvenez pas d'un certain Adolf, avec une mèche et une petite moustache, super doué pour la communication, fin manoeuvrier et fin stratège, qui amena son pays vers une castrophe finale, sur la base de rêves racistes imbéciles. Mais la croix gammée, comme design, avouez qu'on fait difficilement mieux. Ca, plus la musique, les uniformes noirs des SS, les affiches, les paroles exaltantes, tous les Allemands au coude à coude pour emmener le pays vers des sommets, installer une "race de seigneurs" à la tête de la planète. Hélas les hommes sont capables de suivre de telle conneries. Jusqu'au suicide minable de ce bonhomme, dans sa chancellerie.

Je veux croire qu'il peut y avoir d'autres rêves. Hélas, souvent, les rêves ont des retombées militaires, ou simplement des retombées technologique plus nuisibles qu'utiles. On a envoyé des gens dans la Lune. Belle saga. A titre de retombées nous avons eu l'informatique, la micro-technologie, la micro-électronique, les satellites de télécommunication. et ... les missiles intercontinentaux à têtes multiples.

J'imagine l'émotion des hommes qui, les premiers, réussirent à communiquer par radio, à grande distance. Aujourd'hui nous pouvons appeler quelqu'un aux antipodes avec un portable.Aujourd'hui les télévisions nous déversent sur la tête des bourrages de crâne multilingues. Alors que cet intrument aurait pu être le vecteur d'enseignements utiles. C'est est au point où des tas de gens, dont j'ai fini par être, ont jugé inutile d'avoir la télé chez eux.

Tant de rêves qui finissent si mal. Mais ne nous plaignons pas, il nous reste Internet, le premier et le dernier espace de liberté, à échelle de la planète. C'est ce qui permet à Savoir sans Frontières de se développer. Ce qui est dommage c'est que nous soyons seulement deux pauvres bougres à impulser tout cela, Gilles et moi. Il manque un relai qui consisterait à créer des "sites échos " dans les différents pays étrangers. Les Chinois ne peuvent par exemple pas télécharge les 5 albums traduits depuis leur pays. J'ai demandé de l'aide, à la cantonnade .... pas de réaction.

Mais revenons à notre rêve. Rappelez vous, sur mon site j'avais présenté un dossier sur la navigation dans l'antiquité. C'était il y a trois ans.

 

 

bateau_egyptien1

 

bateau_egyptiens2

 

 

Voilà ce que j'avais imaginé :

 

bateau_JPP

 

 

J'avais alors souhaité que des modélistes puissent construire une version télécommandée du supposé bateau de l'Ancien Empire, à dérives, capable de navigations hauturières, transocéaniques. Vox clamat in deserto.

Ce que j'ignorais c'est qu'à la même époque un Breton, Renaud Kerbrat, ingénieur de 51 ans, fixé en Suisse, Breton d'origine, testait les qualités d'une unité fondée sur les mêmes principes, avec des dérives latérales. Il faisait évoluer sur le lac Léman une maquette d'un mètre et demi, télécommandée.

Lui ignorait également mon existence.

Les essais se révélèrent très fructueux. Il faut dire que notre homme avait très bien procédé. Au lieu de contruire une maquette " au pif ", assez au fait des questions d'architecture navale, il avait au prélable testé ses formes par ordinateur. Il y a des logiciels qui font ça très bien. On peut simuler ainsi le comportement d'un voilier. Ca l'amena à la maquette ci-après, qu'il considère comme étant la reconstitution d'une " mandjit " égyptienne ( il faudra qu'il nous explique tout cela. Je ne connaissais pas ce mot ).

 

mandjt_profil

La " Mandjit " de Renaud Kerbrat

 

mandjit_face

La même,vue de face. Configuration vent arrière. L'angle de gîte, au près, est indiqué.

 

mandjit_plan

La Mandjit de Renaud Kerbrat, vue en plan et au près

 

Selon Renaud Kerbrat, ça marche très bien. Il a même découvert au passage une chose : qu'on pouvait donner de l'incidence aux dérives, ce qui améliorait la marche.Une idée fascinante, qui pourrait améliorer le comportement au près.

Mais, là-bas, en Suisse, personne de son entourage ne s'est intéressé à son rêve. Pourtant il avait fait les plans complets d'une unité de 9 mètres, à l'identique au point de vue formes. Une construction "provisoirement moderne ".

 

mandjit_plan_construction

Le plan de construction d'une Mandjit de 9 mètres

 

Méthode de construction : 18 couples en contre-plaqué de 25 mmm, collés-vissés sur des blocs de polystyrène. Totalement insubmersible.Puis on constitue la coque extérieure avecun mélange de ... papier journal et de résine. Finition avec du " mat ". Quille également en planches de bois. Tout simplement ... génial.

Ca n'est pas la mandjit de l'Ancien Empire, au point de vue habitabilité, mais c'est la façon la plus rapide et la plus simple de recréer la forme de la coque. Mais ça s'est arrêté là. Kerbrat, un peu déçu par le manque d'intérêt de son entourage, mit sa belle maquette à la cave, où elle ne tarda pas à être endommagée.

Un jour il surfa sur le net, parhasard, et tomba sur mon site. Il m'envoya un mail. Ca date d'une semaine. Je l'ai tout de suite appelé.

- Monsieur Kerbrat, il faut reprendre ce projet. J'ai tout ce qu'il faut. On peut construire une unité de neuf mètres dans le jardin de monvieil ami Jacques Juan, à Sanary. Il est d'accord. Lui et son ami Alain ont un petit voilier, au port. Alain était anesthésiste. Mais il vient de prendre sa retraite. Il ne peut quand même pas faire des anesthésies chez lui, pour ne pas perdre la main. Donc nous avons de la main d'oeuvre. Ma femme et moi sommes totalement partant dans cette histoire. Il faut que vous remontiez votre maquette et qu'on la voit évoluer. A priori, je vous crois sur parole. La forme de votre bateau nous "parle". Je dirais "qu'il ne lui manque plus que la parole ". On vérifie que ça marche comme vous le dites, puis on constitue une équipe et on construit le proto de neuf mètres, à Sanary et on l'essaye en Méditerranée. S'il fonctionne et si on résoud les problèmes de manoeuvre du grément, par gros temps, on envsagera une croisière Sanary - Alexandrie, pour commencer.

- Bon, je vais remettre la maquette en état. Je pense aussi en construire une de deux mètres vingt cinq. Ca ferait une unité à l'échelle un quart et ça serait mieux pour tester par exemple les dérives pivotantes.
- Faites-le. Vous arrivez avec un bateau déjà dessiné, et magnifiquement dessiné. On sent que vous touchez votre bille en architecture navale. C'est un " rêve prêt à l'emploi ". Nous, on marche à fond.
- J'ai un peu navigué. Je suis Breton, vous savez. J'ai même fait le tour de l'Irlande.
- Nous aussi. Moi j'ai navigué sur des bateaux à l'ancienne, sans winches. Avec Jacques et Alain, on est quatre hommes de mer.
- Le bateau est prévu pour sept hommes à bord.
- C'est bon, pour les manoeuvres. Comptez six hommes et une femme.
- J'ai chiffré. Ca ferait entre 18.000 et 25.000 euros de matériels.
- On partagera tout ça. On trouvera des gens qui nous donneront du matériel. Quand les maquettes peuvent elles être opérationnelles ?
- Je vais acheter ce qu'il faut. Je dirais, dans un mois.
- OK, après, on attaque.
- J'ai calculé une route our Alexandrie. En prenant quatre noeuds de vitesse minimale on pourrait couvrir ça en trois semaines, avec des escales.
- Envoyez-nous le plan de route, je le mettrai sur mon site.
- J'ai fait une " vue d'artiste "

 

vue_artiste1

Renaud Kerbrat : vue d'artiste

 

- Avez vous pensé au grément ?
- Bien sûr. Il va falloir réfléchir, trouver des solutions. Comment réduire la toile par gros temps, en particulier. Tout cela est à réinventer.
- J'y ai un peu réfléchi. Bien sûr, on n'a pas grande chose à attendre des archéologues.
- Je sais.
-
Il y a une équipe qui a reconstruit le bateau trouvé à la place Jules Vernes, à Marseille. Il y a une belle maquette, dans un Centre à Aix en Provence. Mais le gars a oublié de mettre des dalots. Le type n'a jamais navigué de sa vie.
- Alors, chavirage garanti !
- Mais si la croisière Sanary Alexandrie réussit, qui peut se faire sur cette unité semi-habitable ...
- Il y a quand même une hauteur sous barot d'un mètre quatre vingt, dans la cabine.
- Parfait !
- Et un mètre et quelque de hauteur pour loger des couchettes.
- Après, on reconstruit cette unité de neuf mètres, mais à l'ancienne.
- Oui, j'y ai déjà pensé. Sans contre-plaqué, ni polyester. Rien que des bois nobles.
- Une coque cousue. Pas de clous. Rien que des cordes. Des appuis de glissement en pierre. Et après on traverse l'Atlantique.
- Ca coûtera un peu plus cher.
- On trouvera des sponsors.
- Avec un bateau de neuf mètres, c'est possible. Mais, vous savez, j'ai une jambe assez amochée, suite à un accident de voiture.
- Il n'y a pas que les jambes qui servent, dans un bateau. Et moi j'ai des rhumatismes. On ne va pas s'arrêter à de tels détails. Depuis que je ne peux plus piloter d'hélico à Bruxelles, je m'ennuie.
- Neuf mètres, l'Atlantique, c'est faisable
- Alors, on le fait ! Sanary - New-York.

- Sanary - New York, bon.

sanary_new_york

Le voilà, le rêve en marche. Vous pourrez toujours rester plantés devant nos télés. Moi, je n'en ai plus chez moi. Sans intérêt.

 


 

 

4 juillet 2007 10 heures

Cher Jean-Pierre

Jean Pierre, voici une hypothèse de montage des vergues, l'idée est de penser qu'il y avait un gros câble mettant en tension le mât bipode, celui-ci pouvant alors servoir de guide à la coulisse de vergue haute, la vergue basse peut être, elle aussi , liée de cette façon, mais j'ai encore une autre idée pour celle-ci.

Renaud

mandjit_ebauche_grement

 

 

 

 

4 juillet 2007 13 heures

 

Cher Renaud,

OK pour la tenue des vergues sur un câble central. Voir plus loin : la quète que vous donnez au mât permet de déporter ce câble vers l'avant.
Fixation en haut sur une pièce de jonction ( bois, voire basalte ). En bas, système de " vergue flottante " pour lébérer la vergue basse

mandjit_vergue_basse

 

et éventuellement la fixer sur un des montants du mât bipode. Ci-après, babord amure :

 

mandjit_babord_amure

Le système de manoeuvre de la voile est complexe. Mais elle est rectangulaire et parfaitement plate !

 

mandjit_manoeuvre_voile

Quatre écoutes pour chaque vergue : huit en tout. Quatre hautes et quatre basses.

Quatre balancines pour chaque vergue ( huit en tout ). Pour la vergue haute appelons cela des contre-balancines.

Huit écoutes de grand voile Pour chaque vergue, sura chaque bord, une écoute de bout de vergue et une écoute médiane.

Pour chaque vergue, huit bouts supplémentaires. Quatre balancines pour la vergue haute, quatre contre-balancines pour la vergue basse.

Ca ferait 32 servo-moteurs en tout, pour la voile ( vive la maquette de 2,25 m )

Ce système complexe apparaît sur les dessins et bas reliefs égyptiens. Il permet des manoeuvre très diverses. Ces bouts de commandes sont renvoyés vers l'arrière, en suivant l'étai. On les voit très bien sur les dessins.

Vent arrière, en courban les vergues ce système permet le gonflement de la voile :

mandjit_vent_arriere

 

Indispensable par petit temps. Ces vergues souplespermettent d'ncaisser les rafales et d'éviter la déchirure de la voile par gros temps.

Ci-après la configuration de la voilure au près. Babord amure. On borde les écoutes médianes babord et on se sert des écoutes extermes tribor pour courbe le bord d'attaque, donnant à la voilure une allure " en aile d'avion ".

 

mandjit_voilure_au_pres:

Deux marins, debout sur les vergues basses, contribuent à leur horizontalité ( nombreux bas reliefs )

Il reste le problème de la navigation par gros temps. Prendre des ris ? Compliqué. On peut penser à des anneaux de cargues :

 

mandjit_voile_carguee

 

On a trouvé des masses d'anneaux de cargue ( en plomb ) sur les voilures des épaves greeques.

Mais il y aurait une autre solution : donner du mou à la vergue flottante basse. C'est faisable puisqu'il n'y a pas de foc à l'avant. En fait, ce bateau ne se manoeuvre pas aux voiles, mais en barrant et grâce à ses dérives. Dans des virements de bord, comme vous l'avez suggéré, en branquant les dérives côté intérieur du virement, on tourne sur place. Les bateaux du XVIII° , les galions, les caravelles avaient des voiles de manoeuvre. Les Drakkar faisaient leurs virement de bord en chargeant l'avant du bateaux, pour faire plonger la " dérive avant " c'est à dire l'étrave. Les égyptiens, sur de grosses unités, lourdes, peuvent parfaire leurs virement en utilisant les dérives. Mais sur les gros vaisseaux de Hatschepsout ( bas relief extérieur de Dar el Bahri, il y avait plusieurs rames gouvernes sur chaque bord arrière.

Avec la quète que vous mettez à votre mât bipode on peut placer le câble de fixation un peu en avant. Ce qui fait que les pieds du mât bipode se comportant à la fois en haubans et en bastaques.

 

mandjit_gros_temps

J'ai figuré, contre l'étai arrière tous les renvois de commande de balancines hautes et basses, qu'on voir sur les dessins et bas reliefs. La disposition de la voile relève le centre de poussée. Mais en même temps apparaît une composante verticale, de portance, qui soulage l'avant et évite de " sous-mariner ". Par tempète ce système fait "voler le navire sur les vagues.

mandjit_gros_temps2

 

Ca sera amusant à essayer par gros temps.

Jean-Pierre

 

 

 

4 juillet 2007 15 h

Cher Jean-Pierre

Uune autre hypothèse, sur la gravure d'Hachepsout on voit accroché à la basse vergue des "trucs" qui ont, semble-t-il, été pris pour des contrepoids. Possible mais le détail ne va pas si loin dans la précision pour savoir si ce sont en fait des objets "pleins" ou une simplification de ce que j'ai dessiné sur ce croquis. Si cette hypothèse est la bonne, nous avons en fait les ancètres des ris qui , dans ce cas, n'étaient pas sur la voile elle même mais sur la vergue inférieure la plus accessible.
La gravure, toujours pour moi, montre un navire à quai et sans sa voile, c'est pour cela qu'il devait être nécessaire d'employer autant de balancines compte tenu de la souplesse de la vergue qui aurait ployé sous son propre poids. Si la voile avait été établie elle aurait naturellement joué le role des balancines.

Sincèrement

Renaud

mandjit_ebauche_grement2

Ca pourrait servir à accrocher des cabillots

 

Un scan de la gravure en question serait bienvenu.

 

 

 

4 juillet 2007 15 h 30

 

Cher Jean-Pierre

voici une idée sur l'assemblage de la vergue basse au mât bipode. montage simple ne nécessitant que des cordages et ...... du bois. La vergue peut donc pivoter horizontalement avec un angle important.
La manoeuvre est simple, elle consiste à libérer progressivement le bout alors que l'on fait virer la Mandjit. La vergue poussée par le vent vient se caler naturellement comme sur le dessin. Il suffit après cette très complexe manoeuvre (hors de portée de tout égyptologue officiel) de redonner la tension idoine au bout et le tour est joué. Le principe est le même pour tribord.

Renaud

mandjit_attache_vergue_haute

 

 

 

 

 

 

 

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