Construction des grandes pyramides : la théorie de Jean-Pierre Houdin
19 juillet 2007
J'ai déjà présenté dans mon site ma propre théorie, concernant l'édification des Grandes Pyramides, grâce à une rampe externe en pierre, qui constituerait, après sa retaille, le revêtement de la pyramide. Je pense qu'elle est " fonctionnelle ". Mais la théorie de Jean-Pierre Houdin l'est aussi et nous allons l'analyser dans le détail. Elle présente un aspect étonnant : elle est " falsifiable" au sens de Popper. En fait, si Houdin a raison, cela peit être montré en ... quelques heures. Et si c'était le cas cela serait un fantastique découverte, comparable à celle du tombeau de Toutankamon par Howard Carter.
Sinon, si ses idées ne sont pas confirmées, ma propre théorie constituera une "théorie de secours". Houdin a-t-il raison ? Seul le travail sur le terrain pourra le montrer, et quel suspense passionnant. Avant d'entrer dans le détail de cette théorie, un coup d'oeil à ce que pourrait être la vérification ... instantannée de sa vision des choses. Il postule l'existence de ce qu'il appelle " une rampe interne ". En fait, quand on construit un bâtiment, par exemple avec des parpaing, il y a plusieurs façons d'amener les matériaux à pied d'oeuvre. On peut les élever en façade avec une grue où les faire arriver aux étages tout simplement par ... les escaliers. L'idée de Houdin, à laquelle personne n'avait pensé jusque là a été de ménager au fil de la construction un couloir montant en pente douce ( 7 % ) le long duquel dans une phase de finition les ouvriers tireront des charges modestes ( des blocs de 2,5 tonnes, tirés sur des chariots, glissant sur del'argile humide ). Un couloir qui s'inscrit sur la surface de la pyramide en formant une spirale à &&& cinq tours. Les manoeuvres de rotation des blocs sont effectuées sur des plateformes d'angle, qui sont ensuite comblées.
Si Houdin à raison, ces galeries existent toujours. Il aurait été inutile de les combler avec des pierres ou des gravats. Cela n'aurait nullement accru la solidité de leur voûte en encorbellement. Les galeries existent, de même que les plateformes, en particulier la platerforme de départ. Voici le chantier imaginé par Houdin, à la 20° année des travaux, juste avant la retouche finale qui consiste à combler mes plateformes des angles :

La flèche orange indique l'entrée de cette galerie d'amenée des blocs. Maintenant regardez cette photographie :

La base de l'angle sud-est de la pyramide de Kheops
Cette petite grue automotrice a une capacité de soulèvement de deux tonnes et demie.

La route qui mène à Giseh permet de l'amener à proximité immédiate. Après avoir pris toutes les précautions d'usage pour pouvoir être à même de replacer les blocs, cet engin peut dégager la place en quelques heures. Alors, si Houdin a vu juste, voilà ce qui devrait apparaître :

J'ai demandé à Houdin. Ca devrait être exactement ça.

Houdin voit des restes de plateforme dans pas mal d'endroits :

Là, par exemple
Ou là .....
Ou encore là...
: 
Sous différents angles

Soulignée par Houdin

Travail de JPP sur l'encoche nord-est
On sait que les blocs, dans une pyramide, reposent les uns sur les autres, sans liant ( sauf peut être dans des zones de "libage", de remplissages avec des blocs ou débris, liés par du plâtre, dans les parties intérieures ). Donc, dit Houdin, "une pyramide, ça respire". Alors, à certaines heures, sous certains angles des traces de condensation peuvent révéler des sutructure sous-jacentes. Voir cette photo, d'ailleurs reproduite par l'égyptologue Corteggiani dans son livre :

Extrait du livre de Corteggiani, page 3
Coup d'oeil à la face sud de la pyramide de Kheops :

Au premier plan le " musée de la barque " contenant la barque funéraire de Kheops ( 43 mètres de long )

Indications de Jean-Pierre Houdin
Franchement étrange, non ?
En 1986-1987 l'Edf procède à des relevés par microgravimétrie et effectue des milliers de mesures. Les résultats sont présentés au sympsium d'Athènes et 1988. La communication précise : " Ces zones ne se corrèlent pas horizontalement. Ceci suggère une structure en spirale "

Les études de microgravité révèlent une dissymétrie dans la coupe
.
Et voilà ce qui ressort de cette étude, à travers cette vue en plan :

A gauche, la carte gravimétrique tracée par le laboratoire de l'Edf
Houdin affine son modèle de "rampe interne" pour le faire câdrer avec cette carte de l'Edf


En remarquant au passage que ce concept de rampe interne se retrouve déjà dans un temple solaire d'Egypte :

De toute évidence ceci est une rampe interne, qui a été utilisée pour construire ce temple
(Les Egyptiens connaissaient l'escalier )
Avec cette idée de départ, la suite découle assez logiquement. Houdin construit alors un projet s'étendant sur 21 années. Il met 2000 hommes au travail sur le chantier lui-même. Plusieurs milliers d'autres seront affectés à la taille des pierres, à leur acheminement, à l'intendance. Il sait qu'il aura à hisser les monolithes de 40 à 60 tonnes, en granit d'Assouan, qui contituent la structure de la " chambre du roi ". Personnellement j'ai imaginé un système de rampe externe, en pierre, " à tout faire " qui permet en principe de les hisser, grâce à des machines de traction ( des variantes du levier ) inspirées par l'objet de basalte trouvé sur le site de la pyramide de Khent Kaoues ( Giseh ). Houdin décide d'opérer en deux temps. Il étudie d'abord le terrain :

En optant pour une voie d'accès sud-ouest, où il loge une rampe primaire, linéaire, Houdin économise les matériaux

Implantation des deux rampes linéaires, compte tenu de la topographie des lieux.

Sa rampe primaire, linéaire, ainsi écourtée
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