Le projet "Epistémotron"
17 mars 2004
L'astrophysique est peut-être une science trop sérieuse pour être confiée aux astrophysiciens
Deuxième partie
J'ai publié ces choses il y a plus de dix ans (Nuevo Cimento, Astrophysics and Space Science) et, curieusement, tout le monde s'en fout, alors qu'ils suffirait à ceux qui disposent de puissants moyens de calcul de mettre des masses - m dans leur bazar pour retrouver tout cela, en mieux, en plus riche, plus chic et même en 3d. Dans le Ciel et Espace de mars 2004 il y avait un gros dossier sur les puissants moyens de calcul dont disposent actuellement nos astrophysiciens. Teneur générale de leurs discours :
On a des moyens de calcul de plus en plus puissants, mais on ne sait pas quoi en faire. On a pas "les équations".
Une astrophysique sauvage est-elle envisageable ?
Ce ne sont pas les équations qui manquent, ce sont les idées, la bonne vision des choses. Les équations ne sont que la traduction de la vision qu'on a du monde. Quand on voit à quel point ça merde depuis tant d'années on a tendance à dire " Sans le gémellaire, point de salut !". Je ne vois pas poindre à l'horizon quelque chose qui puisse fournir une vision cohérente. La science moderne aligne des mots derrière d'autres mots, au fil des années, c'est tout. Matière sombre, axions, whimps, quintessence, énergie noire, neutralino, supersymétrie, supercordes,... constante cosmologique.
Pourquoi ne pas ressortir carrément le phlogistique et l'horreur du vide, pendant qu'on y est ?
J'aurais bien aimé que des astrophysiciens et des cosmologistes viennent à ma conférence, ne serait-ce que pour m'apporter publiquement la contradiction. Depuis plus de dix ans ils s'enferment dans un silence méprisant et.. prudent, car en séminaire je n'ai jamais perdu un combat et ils le savent très bien (j'ai encore récemment envoyer rouler dans la poussière un imprudent, fort agressif, dans un séminaire de maths en octobre 2003. Voir le dossier "préparez l'aspirine". Il y a même sa photo, où il se gratte la tête, manifestant sa perplexité avant de se décider à me voler dans les plumes sans ménagements et à ... s'étaler de tout son long, dans la confusions la plus complète, comme s'il s'était retrouvé avec un théorème planté entre les deux yeux).
Je me suis demandé la raison de cette ostracisme. Est-ce parce que je me suis intéressé au phénomène ovni de trop près ? Je finis par conclure qu'il n'y a pas que cela. Je crois, en dépit de la publication de mes idées d'astrophysique et de cosmologie sous forme vulgarisée en 1997 ("On a perdu la moitié de l'univers" chez Albin Michel, puis chez Hachette) :

qu'ils ne me comprennent pas. Ce que vous venez de lire, les groupes et tout le bazar, passe au dessus de la tonsure de l'astrophysicien de service. Les connaissances de gens comme Athanassoula et Bosma, érodées par le temps et les centaines d'heures passées à faire des simulations se sont réduites à ... la loi de Newton. Personne ne sait plus manipuler par exemple l'ensemble équation de Vlasov plus équation de Poisson, jadis outil standard pour aborder le problème des "systèmes auto-gravitants". Ca n'est plus enseigné en DEA depuis longtemps. Il est vrai que l'irruption de l'ordinateur a rendu les théoriciens paresseux. Hélas la machine ne produit pas d'idées toute seule.
Comme je l'ai dit au Collège de France, on a un jour montré un film montrant à des Papous comment la vie se déroulait à Port Moresby, ville côtière. Après cette séance on leur a demandé ce qu'ils avaient vu.
- Un poule, dirent-ils en choeur.
Parce qu'ils savaient ce que c'était qu'une poule. Le reste, il ne l'avaient pas identifié, donc pas vu. En y réfléchissant, quand je parlais d'action coadjointe d'un groupe sur son espace des moments à des astrophysiciens ou de revêtement à deux feuillets d'une variété riemanienne c'était finalement comme si j'avais montré un tramway à des Papous. J'ai essayé il y a quatre ans de présenter mes travaux à L'Institut de Bures sur Yvette où il y a quand même en principe des "pointures". Je m'y suis trouvé barré par Thibaud Damour qui y occupe la chaire de cosmologie. J'avais pensé à de l'hostilité, à une rivalité, à un mépris condescendant. Mais après réflexion je crois qu'il n'a simplement pas compris ce que je lui ai envoyé. Trop de maths, trop de géométrie pour un homme qui préfère élucubrer sur "l'avant Big Bang" en ayant été contaminé par la schizophrénie ambiante des supercordes.
Grâce à Jean-Claude Pecker j'ai pu prendre la parole au Collège de France, mais les astrophysiciens et les cosmologistes (Blanchard, Luminet !) ne sont pas venus.

Quand un étudiant Canadien interroge Hubert Reeves à propos de mes travaux d'astrophysique et de cosmologie celui-ci répond "à votre place j'éviterais de perdre mon temps avec ces choses-là". A un de mes lecteurs Luminet dira "dans les travaux de Petit il y a plein d'erreurs". Même attitude dédaigneuse chez un Blanchard, à travers ses rapports sur moi, quand il était à la section du Cnrs. Ces remarques sont plus faciles à placer quand l'intéressé n'est pas là.
A l'Institut des Hautes Etudes de Bures sur Yvette je n'ai même pas pu m'exprimer (on a vu comme Bosma avait pu me faire interdire de parole au colloque de Montpellier en 1999 et comment Lequeux avait jeté l'éponge, rejeté mon travail sans la moindre argumentation scientifique au moment où je commençais à avoir le dessus sur son terrible referee). Descendre dans les "fosses aux lions", mais bon sang, je n'attends que cela depuis dix ans. Ceci dit, à chaque fois que ça s'est produit "c'est toujours le dompteur qui a dévoré les lions". Je ne vais pas reprendre les innombrables histoires de ce genre que j'ai vécues au cours de ma carrière et comme je vous le disais plus haut, le dernier affrontement, qui a tourné une fois de plus en ma faveur, date d'octobre 2003, au Centre de Mathématique et d'Informatique (CMI) de château Gombert, Marseille.
Je ne recherche pas systématiquement à pulvériser mes adversaires. Ce ne sont pas les hommes qui doivent se combattre mais les idées qui les habitent qui doivent entrer en compétition, dans un sain esprit de sélection naturelle.
Que la théorie la plus performante gagne, celle qui explique le plus de chose.
Force est de constater que dans le milieu scientifique on n'applique pas cette cette règle et que la Tartufferie est la règle générale :
Cachez cette théorie, ces simulations, ces expériences, que je ne saurais voir....
Il y a vingt-cinq ans c'était l'attitude face aux problèmes soulevés par la MHD et l'idée qu'on puisse supprimer des ondes de choc. Les gens rejetaient l'idée parce qu'ils ne la comprenaient pas ou ne voulaient pas l'entendre.
Il n'y a pas plus sourd vis à vis d'une idée neuve que celui qui ne veut pas comprendre.
Il y avait pourtant du monde au Collège de France, si on excepte l'absence totale des astrophysiciens et des cosmologistes Français (à l'exception de Narlikar et de Pecker). J'ai en principe abandonné tout cela depuis 2001, je l'ai dit. Don Quichotte était fatigué de charger... des courants d'air. Mais après la conférence un jeune nommé Olivier le Roy est venu nous retrouvé dans un café de la gare de Lyon, me montrant des simulations qu'il avait effectué sur sa machine.

Il s'agit d'une simulations d'instabilité gravitationnelle effectuée sur un ensemble de 10.000 point masses (des masses positives). Le problème est celui des conditions aux limites. Si l'espace est "infini" certaines particules acquièrent des vitesses dépassant la "vitesse de libération" de cet amas (cluster). Si rien ne les ramène dans ce "terrain de jeu" ces particules, quand elles partent, on ne les revoit plus. C'est ainsi que les amas d'étoiles "lâches" perdent leurs étoiles, relativement vite, étoiles qui sont nées lors de la fragmentation d'un nuage. Le Soleil est né dans un tel amas lâche qui devait comporter quelques centaines d'objets. Les plus légers (les étoiles naines) ont été rapidement éjectés. Les plus lourds on évolué en supernovae, ensemençant l'amas en éléments lourds, à partir desquels les planètes telluriques se sont formées, et nous avec, au passage. Enfin les étoiles de masses comparables à celle du Soleil ont formé un système qui s'est désagrégé. La durée de vie d'un amas croît avec sa masse. Seuls les monstrueux "amas globulaires" (100.000 étoiles), qui se sont formés en même temps que la galaxie et même probablement avant elle, ont résisté à l'épreuve du temps, bien qu'ils perdent en continu des étoiles. Mais leur masse est telle que pour les quitter il faut que ces étoiles acquièrent des vitesses importantes, car la vitesse de libération des amas globulaires, comme l'amas d'Hercules, est élevée. Elle croit comme la racine de la masse de l'amas.
Bref, livré à lui-même, l'amas de le Roy aurait vite perdu des masses. Ici la solution a consisté à faire rebondir ces masses sur les faces d'un cube. C'est ce qu'il a fait. Alors on peut "toucher du doigt" les mécanismes à l'oeuvre dans l'instabilité gravitationnelle. Si on "chauffe", qu'on accroisse les vitesses d'agitation des objets, comparables aux vitesses d'agitation thermique, le grumeau se dilate et fini par emplir le cube. Inversement en "refroidissant" il se tasse.
Tout cela a été fait avec un bête programme écrit en C sur une machine "du commerce", tournant en 2 gigahertz, comme la mienne. Conclusion : ce qu'on faisait il y a 12-15 ans avec un "gros système" on peut maintenant le faire avec des machines domestiques. Donc, pourquoi ne pas relancer ces recherches en permettant à des amateurs de s'y mettre. En 2d tout est possible. On est obligé de se limiter en nombre de points. Le temps de calcul varie comme le carré de leur nombre, donc croît très vite. Avec les machines domestiques actuelles on est obligé de se limiter à cinq mille, dix mille points-masses. Question conditions aux limites ont peut faire mieux. On peut par exemple replier l'espace selon une sphère S2. Dans le prochain dossier je donnerai toutes les explications sur la façon de procéder. Disons qu'il faut d'abord distribuer N point aléatoirement sur une sphère. Paradoxalement il est plus commode de travailler dans R3, dans un espace 3d. Idée de Souriau : "tu prends un cube de côté 2R, à l'intérieur duquel est logé une sphère de rayon R et tu mets N points dedans. Tu commences par éliminer ceux qui sont à l'extérieur de la sphère. Puis tu prends ceux qui sont à l'intérieur de cette sphère centrée à l'origine. Tu calcules la longueur du vecteur OM et avec une simple homothétie, en divisant par cette longueur, tu amènes tes points sur cette sphère".

Positionnement de points sur une sphère.
Il faut ensuite associer à chacun de ces points un vecteur vitesse, tangent à la sphère, tel qu'on ait une statistique des vitesses gaussienne. Pas trop compliqué. Loi de Newton : prendre les points 2 à 2. Soient deux points M et N. On considère les vecteurs OM et ON et l'angle c qu'ils forment ( arc [ cos < OM . ON > ] ) .

Newton sur une sphère S2
On décide que ces point vont s'attirer selon une force tangente à la sphère, en 1/s2 où s est la distance curviligne qui les sépare, c'est à dire R multiplié par l'angle c. On fait agir cette force dans R3 (développement de Taylor), ce qui fait se déplacer ces points dans l'espace 3d et on reprojette ensuite ceux-ci sur la sphère. Voilà donc des points masses soumis à une force gravitationnelle s'exerçant selon des géodésiques de notre sphère S2. Plus de problème de conditions aux limites puisqu'on a fait disparaître les limites en repliant l'espace de calcul sur lui-même.
A partir de là vous pourrez mettre sur cette sphère des points de masse + m et des points de masse - m et vous amuser.

Formation d'un unique cluster dans S2
Vous pouvez étudier deux populations avec des masses différentes, des vitesses d'agitation différentes. Si la machine est assez rapide et puissante vous pourrez refabriquer une structure à grande échelle en 2d, retrouver le confinement des galaxies, faire apparaître des galaxies spirales, étudier leur évolution. Ca n'est que de la programmation.

Structure à Grande Echelle sur sphère S2.
La matière est un gris, la matière gémellaire en noir

Galaxie barrée dans S2.
Ca marche. J'avais fait des essais avec deux retraités, dont l'un programmait.
Quand nous avions fait nos premières "expériences de calcul, en 1990 Pierre Midy et moi nous avions utilisé un "vieux Cray 1" et 500 points. Même en 2d nous nous étions demandés quelle fiabilité pourraient avoir nos résultats de calcul, quel pas de calcul adopter. Il y avait aussi que quand deux points masse passaient assez près l'un de l'autre, les variations des vitesses des points-masses, tant en angle qu'en direction, devenaient importantes à l'intérieur d'un pas de calcul. Celui-ci perdait donc de sa fiabilité. Midy utilisa un code qui tenait compte de cela. Un peu comme si la machine disait "attention, on a deux points, le 74 et le 231, qui sont en train de fortement interagir. On réduit le pas de calcul d'un facteur dix pour gérer cette déflexion !". Ca ralentissait terriblement le calcul global. Mais on a considéré que ces phénomènes étaient relativement rares et on a décidé que quand deux masses s'approchaientà une distance inférieure à un certain seuil, l'interaction était annulée, tout simplement. On a comparé les deux patterns obtenus. Ils étaient
- Peu différents
- Qualitativement extrêmement voisins.
Donc cette méthode peut être employée. Au delà il y a le 3d. Pour cela il faudrait un million de points. Ingérable avec les machines standards. Il faudrait les monstres actuels. Mais je pense qu'aucun des gars qui est au volant de ces Ferrari n'acceptera de suivre mes idées, de jouer avec un mélange masses positives, masses négatives. Athanassoula, Bosma, Françoise Combes et les autres ne l'ont pas fait pendant douze ans. Je ne vois pas pourquoi cela changerait. Mais l'astrophysique est peut être une science trop sérieuse pour être confiée aux .. astrophysiciens. Pourquoi ne pas mettre dans le coup des amateurs ? Pour ce faire il faudrait montre un coup analogue à "Seti" avec N machines travaillant "en grappes".
Au passage ce fonctionnement "en grappe" pourrait être aisément testé avec un nombre limité de machines en continuant les travaux sur une sphère S2 mais en accroissant le nombre des points.
Une remarque en passant. Il y a plus de dix ans Françoise Combes était descendue pour faire partie du jury d'un nième élève d'Athanassoula, un brésilien, toujours sur le thème des collisions de galaxies. Une "astrophysique de l'instantanné". Ces deux-là avaient vainement tenté d'obtenir des galaxies spirales à coup de simulations 2d sur ordinateur. Elles obtenaient bien des "barres", mais les bras spiraux fichaient le camp en un tour ou deux, et c'était la même chose pour tout le monde. Pourquoi ? Parce que cette structure spirale est comparable à un phénomène dissipatif. Les étoiles des bras acquièrent des vitesses qui dépassent vite la vitesse de libération de l'objet-galaxie : elles se font la malle. A la fin on a une barre qui tourne, sans bras. Sans intérêt. Nous, nous obtenions des spirales stables sur un grand nombre de tours, quyi conservaient leurs bras. Pourquoi ? Parce que la présence de matière gémellaire à proximité faisait "barrière de potentiel", contrariait cette évasion. Naïvement j'avais espéré intéresser ces deux dames à ce travail, en leur montrant une animation tournant sur un portable Mac. François Combes, verte de rage, m'avait aussitôt lancé :
- On obtient la même chose avec de l'hydrogène froid !
Elle m'annonça qu'elle avait résolu le problème une bonne fois pour toutes. Effectivement, quelques semaines plus tard Ciel et Espace publia des images des galaxies obtenues par dame Combes : de belles spirales, obtenue grâce à la présence d'hydrogène froid, issu de l'espace intergalactique. Effectivement, si vous vous approchez d'un truc qui tourne et que vous jetiez un seau de quelque chose, ça va spiraler. Mais les galaxies spirales de Françoise Combes perdaient leur belle structure en un tour ou deux. Elle avait bluffé. Idem pour cet hydrogène froid, qu'elle cherche toujours, depuis dix ans et qu'elle ne risque pas de trouver, la pauvre. Ca n'est pas de l'hydrogène froid qui se trouve entre les galaxies, mais au contraire de l'hydrogène très chaud, émettant des rayons X. Dans un gaz température égale vitesse. On peut même écrire :

Pour que cet hydrogène ne retombe pas sur les galaxies il faut que la vitesse d'agitation de ses atomes soit supérieure à la vitesse de libération des galaxies. Cela donne des millions de degrés. Quand ces atomes s'entrechoquent : émission de rayons X. C'est pour cela que le gaz des amas de galaxies émettent dans ces fréquences. Mais d'où viennent ces fortes températures ? De la naissance des galaxies. Quand elles se forment beaucoup d'étoiles de la première génération s'allument. Le gaz est fortement chauffé. Si la galaxie n'est pas trop massive celui-ci formera un halo autour de ce noyau constitué d'étoiles primordiales, regroupées en amas. En 2d comparez cela à un oeuf sur le plat. Le jaune, c'est le noyau des étoiles primitives. Le blanc c'est le halo de gaz surchauffé. Si ce gaz ne s'échappe pas il restera dans le voisinage. Et s'il reste dans ce voisinage c'est que la vitesse d'agitation thermique de ses éléments restre en deça de la vitesse de libération de la galaxie. Comme au moment de leurs formation les galaxies sont "à touche-touche", ces frôlements confèrent au "blanc de l'oeuf", aux halos de gaz de ces galaxies un moment cinétique. C'est l'origine du mouvement de rotation des galaxies. Ce gaz se refroidira et se déprimera en prenant la forme d'une crèpe. Au résultat vous obtenez une galaxie spirale. Les étoiles primitives, rassemblées en 500 amas globulaires dans notre galaxie, forment un système sphéroïdal, qui ne tourne pratiquement pas. Ce gaz résiduel, mis en rotation, donnera naissance à des étoiles de seconde génération. La "friction dynamique" sur la matière gémellaire environnante entretient la structure spirale, comparable à la crème dans un café qui tourne et frotte sur la paroi de la tasse.
Si la galaxie est assez massive, dix fois plus massive que la "spirale", que la "galaxie à gaz", la chaleur dégagée par les étoiles primitives en fait un véritable four. Le gaz est chauffé à une telle température que ses éléments partent se perdre dans l'espace intergalactique. On obtient une elliptique, pauvre en gaz. Ceci étant on peut trouver quand même du gaz dans des elliptiques, mais qui peut provenir d'un cannibalisme. Enfin... vous voyez qu'il y a des tas de choses très amusantes à simuler, en 2d puis en 3d.
Il y a un gars qui m'a envoyé un mail en me disant qu'il avait un système mutiprocesseur qu'il accepterait de mettre au service de gens qui voudraient tenter cette aventure, une virée dans l'astrophysique à l'ouest du Pécos. Mais je n'arrive plus à retrouver son message (j'en reçois tellement chaque jour !). Qu'il me recontacte. Ceci étant, je peux fournir les idées, pas me taper l'ensemble du boulot. Je préfère préparer les proches essais d'un bateau monoplace calqué sur les idées que nous avons pu nous faire des vaisseaux égyptiens de l'Ancien Empire. Plus amusant. C'est le fil de Souriau, Yan, qui a construit cet esquif qu'il a appelé "le Coelacanthe". Je reviens d'Egypte où j'ai été étudier tous les bas reliefs qui montrent des bateaux. Ca et beaucoup d'autres choses encore.
Indépendamment de cela tous ceux qui voudraient s'associer pour monter ce coup "d'astrophysique sauvage" peuvent se signaler. Je n'aurai qu'à mettre leurs noms, e-mails, matériels disponibles, compétences dans une page. Ils se contacteront entre eux. Moi, je peux assurer seul la partie astrophysique, "donner à manger" à ce Moloch. A eux de l'assembler. J'imagine que le coeur d'une telle machine pourrait se configurer comme un site, ou un serveur. Des "machines satellites" pourraient se connecter pour "participer au calcul" (l'ADSL et le haut débit font que tout cela est devenu envisageable). Le tout est d'envisager comment gérer cela. Ca n'est pas comparable à la manip Seti où les gens téléchargeaient des bouts de données sur lesquelles ils pouvaient effectuer, dans leur coin, une analyse harmonique, en cherchant un signal dans du bruit. Hélas ce fut un échec : Seti ne capte .. que du bruit de fond radioélectrique. C'est ce que vous obtiendriez en tendant un micro à la pointe du Raz en espérant enregistrer les conversations des New-Yorkais. En fait vous n'enregistriez que le bruit... les vagues de la mer et du vent. Mais Seti n'a jamais été qu'une opération de désinformation. Une de plus dans ce domaine....
Au passage, un ami a vite retrouvé dans des archives cette animation que nous avions faite en 1991, qui montrait la naissance d'une galaxie. Vous pouvez la télécharger sous forme d'un fichier avi, compressé. N'agrandissez pas l'image, nous n'obtiendrez rien de plus. Cette copie avi est floue. Dans cette simulation nous avions, Fred et moi, négocié les "conditions aux limites" en refermant l'espace de calcul (l'écran) en lui donnant la topologie d'un "tore plat". En haut un point-masse M. On calculait l'action de tous les points situés sur l'écran en se limitant à un rectangle tireté, ce qui revenait à construire une solutioin spatialement périodique. Les conditions initiales avaient été déterminées à l'aide d'une solution analytique 2d qui avait été assez compliquée à construire et où un grumeau 2d, un "confetti" de matière se trouvait maintenu à l'intérieur d'un anneau de matière gémellaire. Puis j'ai dit à Fred : "fais tourner le confetti". Cela donne les images du film. Mais, aux quatre coins on voit la matière gémellaire s'assembler en quatre amas. Il s'agit d'un artefact de calcul. Aux quatre coins il n'y a pas un anneau, mais... quatre,qui sont "voisins" et qui interagissent. A l'opposé nous n'aurons pas ce problème en calculant sur une sphère S2, la façon la plus élégante de refermer un espace de calcul 2d sur lui-même. Nous ferons de même en 3d avec une hypersphère S3, sinon, en opérant avec un tore tridimensionnel (un parallélépipède recollé sur ses six faces) nous retrouverions ce même type d'artefact.

Artefact du à la façon de "replier l'espace sur lui-même".
Je réfléchissais un peu et je me disais que les machines satellites pourraient récupérer les données globales (les coordonnées des N points, plus leurs vecteurs vitesse) et calculer les déplacements et les variations des vitesses de P points, pris au hasard (par exemple mille sur un million). Ceci étant fait ces machines réinjecteraient ces résultats dans le "pool commun" et récupéreraient mille nouveaux points, toujours pris au hasard, pour se remettre à calculer. L'algorithme pourrait marcher si, pendant que la machine satellite calcule sur ses P points "il ne se passe pas grand chose de notable dans le pattern général". Il y a une optimisation, heuristique, à réaliser. Un lecteur me disait qu'il y avait déjà des choses qui avaient été faites dans ce domaine et même des outils logiciels disponibles. Possible.
Il reste le problème des conditions aux limites. Je pense qu'on doit pouvoir faire effectuer les calculs "dans une sphère S3", de plus .. plate. On étudie cela en ce moment. Mais de tout façon les solutions, dans ce domaine, seraient fournies sous forme de formules, prêtes à l'emploi. Qu'est-ce qu'une sphère S3 ? C'est un univers où si vous tirez une flèche dans l'importe quelle direction elle vous revient dans le postérieur, en suivant une géodésique fermée. Relisez le Géométricon.
Dans un prochain dossier je donnerai au moins toutes les indications (assez simple) pour jouer dans une sphère S2. Aujourd'hui je suis un peu fatigué. Mais peut être des gens qui "en veulent" pourraient progresser là où nos astrophysiciens professionnels sont incapables d'avancer, embourbés dans le paradigme contemporain, morts de peur à l'idée de prendre une initiative quelconque. En 2d les résultats sont garantis. Ca sera au moins aussi chouette que ce qu'on avait obtenu en 92 avec Landsheat. Le full 3d c'est "la conquête de l'ouest". Si le nombre de machines croît ce système pourrait devenir "la machine la plus puissante du monde". On pourrait étudier la formation des galaxies dans un univers en expansion, quand elles forment un ensemble collisionnel qui leur confère leur moment cinétique. (je sais, moi, comment procéder). On pourrait comprendre comment les galaxies évoluent, ajouter diverses populations. On pourrait simuler la formation du système solaire, le fonctionnement des quasars, et bien d'autres choses encore. Ce qui est amusant c'est que le nombre de participants n'est pas a priori limité. Cela pourrait prendre une envergure internationale en laissant tous nos "pros" dans les choux.
Je ne suis que de très loin les mouvements qui agitent actuellement le monde de la recherche. On sait quels sont les enjeux. Les grandes entreprises voudraient que tous les "trouveurs" mettent enfin leurs capacités inventives (et les Français sont extrêmement inventifs) au service de programmes courts, sources de profit et qu'on abandonne la recherche fondamentale, le long terme. Pourtant dans le monde de la recherche, au Cnrs, il y a des types très bien, à tous les niveaux, des patrons qui font marcher des boutiques en s'arrachant les cheveux chaque matin, en se demandant "comment trouver de l'argent". Il y a des chercheurs qui sont si pris par leurs recherches qu'ils en oublient de s'occuper de leur carrière, alors que pour d'autres c'est .. l'inverse. Il y a des patrons qui travaillent 15 heures par jour, se donnent corps et âme pour rester compétitifs vis à vis d'équipes étrangères alors que d'autres tissent des réseaux fondés sur le copinage. Il y a des techniciens, sous-payés, qui inventent des trucs fantastiques, pendant que d'autres font de l'absentésime à tout va ou utilisent carrément les moyens du labo pour leur propre compte. J'ai vu tout cela.
Au-dessus il y a "madame la Ministre", Claudie Haygneré, recordwoman absolue du "parler pour ne rien dire". Lire son chapitre dans le livre de Luc Ferry. Etonnant de ... vacuité. N'importe quel imbécile, en lisant ces lignes, pourrait réaliser que cette dame n'a pas l'ombre d'une idée. Encore assez bien physiquement elle pourrait constituer une présence française dans l'ISS et faire de la communication. Je crois que c'est sans doute tout ce qu'elle doit être capable de faire, et assez mal. Cette ISS qui ne sert à rien et dont tout le monde se fout éperduement.
Mais il n'y a des domaines où je verrais bien une révolution culturelle, un bon coup de projecteur braqué. Alors que les astronomes, les observateurs français et leurs techniciens sont parmi les meilleurs du monde, nos théoriciens sont des mauvais, dépourvus de la plus petite espèce d'idée. Les uns mettent en pression chaque matin des ordinateurs puissants et leur font faire .. n'importe quoi. Quand Athanassoula faisait faire des thèses de doctorat à l'observatoire de Marseille et que, soudain, un résultat de simulation produisait une image qui semblait ressembler à quelque chose de connu, à une "collision de galaxies", tout le monde criait "hourrah, ça ressemble à NGC quelque chose ! ". Alors, vite, rédaction, publication, soutenance. Maintenant ça ne trompe plus personne. Son mari, Bosma, continue à "fitter des courbes" en saupoudrant ses galaxies de matière sombre froide, comme un cuisinier. Tous ces gens là, comme également Françoise Combes, partiront à la retraite sans avoir découvert quoi que ce soit. Blanchard, Luminet, Lachièze-Rey, Brahic pérorent, s'interrogent gravement. Lachièze-Rey, qui n'a jamais rien trouvé de sa vie, écrit des livres où il décortique les travaux des autres, sans les citer. Avec son manteau noir et son écharpe rouge Blanchard s'efforce de ressembler à Bruant, moins la voix. Côté supercordes, c'est du même tonneau. Rappelez-vous ce qu'on dit d'un chercheur qui n'a jamais rien trouvé de sa vie, ce que disent par exemple des journalistes qui les interviewent :
- Monsieur Machin, vous êtes l'auteur d'importantes contributions dans (tel domaine).
Dès que vous entendrez parler d'importantes contributions vous saurez que ces mots sont là pour couvrir une carrière sans éclat, sans idées, en un mot une absence totale de production scientifique.
Notre frais émoulu membre de l'Académie des Sciences, Thibaud Damour rêve l'avant Big Bang. Tous parlent avec emphase "d'une théorie en cours de gestation", mais qui rame depuis trente ans sans avoir été foutue de produire quoi que ce soit. Tout cela est ennuyeux à périr, n'aboutira pas, ne débouchera sur rien. Il faut des idées vraiment neuves, dans tous les domaines. Au Collège de France j'ai évoqué le siècle de science qui vient de s'écouler. Le premier demi-siècle : génial, fantastique. Pour reprendre un mot de Sommerfeld, recteur de Göttingen dans les années vingt "la maison-science est en réfection totale". En physique, les choses s'arrêtent avec les travaux de Feynman, avec l'électrodynamique quantique. Après on plonge dans "les épicycles de Ptolémée". Et quand on marche dans la mauvaise direction, ça va de mal en pis. Depuis dix ans notre physique fondamentale s'enlise de plus en plus.
L'histoire de l'astrophysique, quant à elle, n'a pas encore commencé, pratiquement. Bien sûr il y a eu la nucléosynthèse, toute la physique des étoiles, la découverte de leur évolution. Mais sachez qu'on n'a jamais pu construire un modèle théorique mathématiquement cohérent décrivant une galaxie. On est incapable de décrire leur formation. La cosmologie a semblé constituer un fantastique bon en avant. Mais ses modèles dérapent de plus en plus vis à vis des observations. Comme en physique, là encore il faut des idées neuves. Or ce qu'on constate c'est que le système de la recherche, au niveau planétaire (si on excepte la recherche technologique à applications immédiatement profitable et bien entendu la recherche militaire, très axée sur la performance) s'est structuré de manière à empêcher l'émergence d'idées neuves, ne serait-ce qu'à travers le système de filtrage mis en place. Mais ça n'est pas la privatisation du dinosaure qui améliorerait les choses, au contraire.
En 35 ans j'ai essayé de faire du neuf, de tirer mon pays en pointe, loin devant. Ca a commencé par la MHD. Je crois que j'avais dans les années soixante dix lancé des idées qui ont bien fructifié, mais ... outre Atlantique. En 86 j'ai abandonné, après avoir poursuivi des recherches dans une ... chambre de bonne équipée en 30.000 volts, dans l'indifférence générale. Maintenant les Français découvrent qu'ils ont trente ans de retard sur les Américains, irrattrappables et qu'ils vont le payer extrêmement cher. J'ai basculé sur la cosmologie et l'astrophysique, pour pouvoir être en pointe sans avoir besoin d'argent, de locaux, de matériels. Quinze nouvelles années sans un centime, sans possibilité de contacts enrichissants avec des collègues étrangers. Lisez cette missive surréaliste. Mon ami Pierre Midy, qui a une démarche de précurseur en cosmologie se voit ... sucrer sa prime de recherche, parce qu'en tant qu'ingénieur CNRS il ne sait pas "rester à sa place". Lamentable, scandaleux.
Je me suis récemment tourné vers d'autres horizons et j'essaye de publier ces nouveaux travaux. Mais, suite à cette conférence au Collège de France une question apparaît. Si des gens veulent se grouper et coopérer pour monter ce système de calcul que j'évoque, alors je garantis des résultats brillants, novateurs en astrophysique théorique.
La balle est dans votre camp, messieurs. Liste des gens se proposant pour participer à l'opération. Je tiens à préciser que si des gens ou des groupes voulaient participer à cette opération sous couvert d'anonymat, cela serait chose possible. Dans cette liste on trouvera également l'idée directrice du projet Epistémotron.
J'ai effectivement oublié de citer cet aspect des activités de ces dernières années. Je travaille avec plusieurs chercheurs. D'un commun accord nous avons décidé que cette collaboration resterait secrète, carrément. En effet l'exemple de Pierre Midy (Scale Invariant Cosmology publié dans International Journal of Modern Physics D, vol.8 June 1999 pp.271-280) , avec qui je travaille depuis onze ans, un homme qui a produit des travaux tout à fait remarquables est là pour susciter cette prudence. Il y a deux ans le Cnrs n'a rien trouvé de mieux que de lui faire sauter sa prime de recherche alors qu'il publie des travaux originaux, au top niveau, publié dans des revues à comité de lecture et présentés dans des congrès internationaux. C'est lamentable au dernier degré, scandaleux. Mais on ne peut rien faire. Pendant que Pierre se voit supprimer injustement sa prime notre ministre de la Recherche, Claudie Haygneré pérore, comme d'habitude, en débitant des phrases creuses :
- J'aurai à coeur que des moyens adéquats, tant en personnels qu'en matérels, soient mis à la disposition des chercheur afin de leur permettre de mener à bien leurs recherches et d'atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés... bla bla bla ... bla bla bla....
Avril 2004 : aux dernières nouvelles, la dame vient d'être remerciée sans avoir laissé dans le monde de la Recherche un souvenir bien marquant.
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