Cohn-Bendit, grand visionnaire des temps modernes
20 juin 2005
Mises à jour :
- 26 mai 2006, sur la Chine
-10 août 2007, même sujet
Il y a quelques jours je suis tombé sur une interview de Daniel Cohn-Bendit, sur Antenne 2.

Daniel Cohn-Bendit, 60 ans, 18 ans en 1968, 37 ans de politique, député des "verts"
La journaliste qui l'interviewait lui a montré un dossier préparé par sa rédaction. La chaîne était allée enquêter en Pologne, dans une entreprise "française", délocalisée en 1997. Le jeune pdg racontait que lorsque la production de fil et de draps de lin était devenue trop peu rentable en France comment il avait délocalisé son entreprise en Pologne, en engageant 400 ouvriers et ouvrières polonais. Il avait amené ses capitaux, ses machines, et était reparti avec des charges salariales six fois plus faibles.
Jusqu'ici, ça tournait et son entreprise avait pu devenir la troisième productrice de lin. Mais voilà que les Chinois se mêlent de la partie en cassant les prix. En plus, précise le jeune pdg, avec des salaires moitié de ceux des Polonais, ils ne jouent pas le jeu. Ils vendent à prix coûtant, et peut-être même à perte, pour s'emparer du marché à l'échelle internationale. Normal, dit le pdg, ce pays vit sous une dictature. En fait les Chinois, s'ils cherchent à faire bouffer leur population, ce qui est tout à fait compréhensible sont aussi "en guerre économique". Il y a eu des précédents. Les USA ont fait s'écrouler l'URSS en la contraignant à maintenir la parité au plan militaire, dans un pays où on ne pouvait pas s'offrir à la fois "le beurre et les canons". Ils ont gagné la première guerre sans qu'un coup de feu ne soit tirée.
Les Chinois peuvent aligner des salaires au plus bas pour des tas de raisons. Chez eux les syndicats sont inexistants, interdits. Il n'y a pas non plus de cotisation pour la retraite. Pour un Chinois, la retraite c'est ... manger demain. Si vous évoquiez ce concept ils vous regarderaient sans doute avec des yeux ronds. En Chine, l'avenir est "confié à la discrétion des entreprises privées".
Pour la conquête des marchés, tout est bon. Vendre à prix coûtant ou à perte "c'est de bonne guerre", même si cette conquête des marchés amène chez les voisins des troubles sociaux auxquels leurs gouvernements se préparent activement, y compris le nôtre.
Quand les Chinois se sont ainsi "positionnés sur le marché", les commandes de cette entreprise "française" ont chuté immédiatement de moitié. Le pdg français a donc licencié la moitié de ses employés polonais, en respectant bien sûr les lois en vigueur en Pologne. Je ne suis pas sûr qu'il y ait là-bas de primes de licenciement, ni de cotisations à la retraite, ni même de revenu minimal d'insertion ( mesures totalement absentes en Chine ). Notre jeune pdg s'est plaint à la commission européenne qui, selon ses propres dires, a réagi "en traînant les pieds". Ca a pris quatre mois pour que des mesures protectionnistes soient appliquées, mais seulement sur le fil de lin, pas sur les vêtement. Il a pu ainsi réembaucher quelques employées.
Ces braves ouvrières Polonaises, interviewées, se montraient un peu amères :
- Nous, on avait voté pour l'Europe, pour la constitution, en pensant qu'on seraient protégées.....
C'était à Cohn-Bendit de répondre, lui qui n'a jamais fait autre chose dans sa vie que de la politique depuis 37 ans. Il n'est pas le seul. Chirac et Giscard non plus n'ont jamais mis un doigt de pied dans le monde du travail. On peut se demander alors à quoi servent les hommes politiques. En fait, ils ont des idées que nous n'avons pas. Chacun son métier. Les salariés créent les problèmes, les politiciens trouvent les solutions.
L'Allemand s'est aussitôt exclamé :
- Ben, il faut savoir ce qu'on veut ! Les Chinois on leur vend 80 Airbus et 120 TGV !
A travers cette remarque, frappée au sceau du bon sens, on découvre la solution :
Les ouvrières polonaises débauchées par leur entreprise française délocalisée doivent tout simplement se mettre à fabriquer des Airbus et des TGV
Simple, encore fallait-il y penser.
Mais cette solution n'est que provisoire. Que ferons-nous quand les Chinois, déjà capables de mettre un homme dans l'espace et de construire le bateau qui achemine vers Toulouse les pièces de l'Airbus ( construites en Irlande, pays à faibles charges sociales et à impôt sur les sociétés quasi-inexistant ) se mettront à fabriquer des avions long-courriers et des trains à grande vitesse et à les vendre. Qu'est-ce qu'on leur vendra alors ?
Le libéralisme à fond les manettes c'est :
Après moi le déluge
A la vitesse à laquelle cavalent les Chinois, dans
moins de dix ans, selon moi.
26 mai 2006 : Un an après la Chine accueille la première chaîne de montage Airbus.
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La Marabunta ( armée de fourmis combattantes en Amérique du Sud )
Le problème des relations économiques avec la Chine ne semble pas vraiment intéresser nos hommes politiques. Le la Chine nous parviennent des échos. Y a-t-il une " mentalité chinoise " ? Est-il licite d'en parler ? Peut-on tirer des conclusions générales sur un pays peuplé par plus d'un milliard d'invividus ?
Une étude récente faisait état des résultats d'une vaste enquête concernant tous les pays du monde. La question était celle des pots-de vin. La Chine et l'Inde arrivaient largement en tête. La Chine s'implante avec facilité dans les pays Africains. Elle emporte les marchés les uns après les autres. En Afrique, le pot-de-vin est une partie intégrante de la culture locale. Le premier souci d'un chef d'état est de s'ouvrir un compte en Suisse. La caisse du pays qu'il est censé diriger et la sienne ne font qu'un. Le pragmatisme Chinois est légendaire et redoutable. Peu importe, disait Deng Tsiao Ping, comme le chat attrappe la souris, du moment qu'il l'attrappe. En Afrique, les Chinois sont ouverts à tous les arrangements.
Deng est " un grand patriote ". Bien sûr, grâce à ce pragmatisme, la Chine sort globalement de sa misère. Nous n'avons, nous les occidentaux, aucune leçon de morale à lui donner. La Chine ne fait qu'appliquer nos propres méthodes, simplement de manière plus efficace. Glabalement, cet immense pays mène une guerre conquête contre les autres pays, sans que ceux-ci ne réalisent l'ampleur de cette conquête. On a par exemple largement ouvert les frontières européennes aux chinois. Ces touristes affluent donc. Il en est de deux sortes. Les premiers sont des vrais touristes mais leur argent, lui, retournera vers la Chine. Les visiteurs Chinois sont de bons patriotes. Ils font appel aux services de guides Chinois, payés de la main à la main. Ils logent dans des hôtels prennent leur repas dans des hôtels et des restaurant qui sont la propriété de leurs compatriotes. On vent d'apprendre récemment qu'ils avaient leurs propres maisons de passe, peuplées de mineures sans papiers. Même cet argent là repart en Chine, ou sert à acheter d'autres propriétés. Les seconds "touristes" ne repartiront plus. Dans les caves des immeubles des quartiers acquis par les Chinois, dans nos grandes villes, reposent en paix ceux qui sont morts et dont on a pieusement recueillis le passeport pour le revendre, avec toute son identité, à "quelques touriste de passage".
On peut quand même dire qu'il existe des traits de caractère et des arcanes mentales propres à de vastes groupes ethniques. Nous vivons dans une sorte d'Occident "chrétien". Il a sa morale, ses principes.Ce ne sont que des mots, mais en tant que propositions purement verbales, tout cela existe. Ca porte différents noms. Les dix commandements, par exemple. Cela n'empèche pas ces "chrétiens" de se comporter comme des vraies ordures. Le cerveau occidental se prête à la schizophrénie. On ne mène pas des campagnes néo-colonialistes, on ne défend pas des intérêts, on tente d'installer la civilisation et la démocratie "ailleurs". L'occidental a besoin de se justifier, de se mettre " en accord avec sa conscience ". Dans sa tête se joue un éternel dialogue entre " lui est sa conscience ". Si vous voulez vous démolir le moral définitivement, aller lire ce dialogue dans le film " Dogsville " que vous trouverez dans n'importe quel vidéo club. Excellent, mais dur à supporter. Ce film est à l'image de nous-mêmes.
Disons que les Chinois ne connaissent pas ce conflits intérieurs au terme desquels l'Occidental finit par trouver les saines jutifications de ses renoncement à l'honnêteté, à la charité. Sous cet angle ils sont moins hypocrites que nous. La "charpente morale" du Chinois moyen c'est le confucianisme, qui n'est pas une religion, mais une philosophie de l'équilibre. Les choses, les gens, doivent être bien à leur place. Tout peut être sacréfié sur l'autel de l'ordre établi, ou en train de s'établir. C'est dans l'ordre des choses, dit-on. C'est peut être le maître mot de la pensée chinoise.
Par ailleurs le Chinois a besoin de paraître. Pékin est le royaume des grosses cylindrées. On peut s'interroger sur ce que devient " la civilisation chinoise ". Ce mot a-t-il encore un sens ? Sort-on indemne d'un demi-siècle de maoïsme ? Mais quel peuple, sur notre caillou errant, pourrait encore se targuer d'être vivilisé et d'avoir quelque chose à apprendre à ses voisins ? Comme disaient les soixante-huitards :
- Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien.
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