Episode 1 :

 

Avertissement au lecteur. La Genèse, résumée très schématiquement. Adam et Eve chassés sur paradis terrestre

 

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Une remarque en passant. Indépendamment de toute option de croyance, quel regard un scientifique peut-il donner sur des écrits traditionnels, comme la Bible ?

Avant toute chose je m'empresserai de préciser mon propre point de vue : que la science, comme toute forme de pensée, n'est qu'un système organisé de croyances. La science contemporaine connaît actuellement suffisamment de difficultés pour ne plus pouvoir s'imposer comme seule détentrice de vérités découvertes et immuables. Essayer de proposer " l'analyse des textes Bibliques avec le regard d'un scientifique " c'est simplement croiser deux systèmes organisés de croyance et j'aime bien le mot utilisé par un lecteur, selon lequel la science serait la quatrième religion monothéiste, laïco-scientifique.

La science est en principe athée, fo,damentalement matérialiste. Elle nie l'existence de toute déité, de ce qu'on appelle " âme ". Elle prône que l'apparition de la vie ( et de la conscience ! ) découlerait simplement des équations de la physique, sinon dans l'état où elles sont actuellement, du moins selon un formalisme à natir qui donnerait " la théorie du Tout ( TOE, theory of everything ) ". Vu sous cet angle l'édifice scientifique ressemble ... à la tour de Babel. Quand on lit les écrits de nos modernes spécialistes en neuroscience on a envie de s'exclamer " y a-t-il un philosophe dans la salle ? ". Dans le panthéon de la religion laïco-scientitique ( n'oublions pas que religion vient du latin religare, qui veut dire relier ) on trouve le dieu Hasard ( le dieu Ha-Zar ) et son expression : le "chaos déterministe ". D'où ce titre sur une première page de Science et Vie il y a quelques années : " le chaos gouverne la pensée ". Si ce titre évoque la pensée scientifique cela semble devenir de plus en plus vrai. Un prix Nobel de neuroscience comme Edelman a écrit un jour " je suis persuadé qu'on saura un jour fabriquer des robots pensants et conscients ", et ce sans être fichu de dire ce que peuvent signifier les mots pensée et conscience.

Comme nous le verrons, la Bible fonctionne avec nombre de phénomènes que le scientifique qualifierait de " paranormaux ". Mais vous connaissez le proverbe :

Chassez le surnaturel, il revient au galop

Des hommes répercutent des messages " qu'ils entendent dans leur tête " et " prophétisent ". Des prodiges, des miracles se produisent. Il est certain que dans un lointain passé certains phénomènes météorologiques ou célestes pouvaient être assimilés à des prodiges, à des miracles ou à la manifestation d'un dieu. On connaît l'histoire selon laquelle deux armées grecques, qui s'apprétaient à en découdre, prirent la fuite chacun de son côté, le dieu Apollon ayant manifesté sa réprobation sous la forme d'une ... éclipse. ( j'ai personnellement asisté à une éclipse totale. Devant ce spectacle saisissant je m'étais fait la réflexion suivant " côté effets spéciaux, rien à dire, Dieu en connaît un sacré bout " ). Après le Déluge, comme on le verra dans un épisode suivant, Dieu apporte le signe de son alliance avec les hommes sous la forme d'un ... arc-en-ciel, devenu, quand les hommes ont connu les lois de l'optique un simple phénomène de réflexion et de décomposition de la lumière émise par le soleil par de fines goutelettes de brouillard. Le centre géométrique de l'arc en ciel est situé, par rapport à l'observateur, dans une direction opposée à celle où se trouve la source de lumière, le soleil.

Mais inversement, au début du siècle, quand les scientifiques tentèrent de construire des modèles cosmologiques, aucun d'entre eux n'aurait imaginé une quelconque instationnarité. Depuis le plancher des vaches, avec des yeux d'humain le Cosmos semblait immuable. Le premier modèle d'Einstein était stationnaire, et par ailleurs mathématiquement instable et donc inconsistant. Le Russe Friedman construisit alors un modèle instationnaire où le point de départ était un état hyper chaud. L'abbé Lemaître, un Belge calé en cosmologie, suivit aussitôt cette démarche, à laquelle on donna par la suite le nom de " théorie du Big Bang ", qui lui semblait être une concrétisation d'écrits bibliques. La découvert du fond de rayonnement à 3° K vint confirmer cette vision d'un phénomène qui sembla indéniable, bien que, comme le faisait remarquer mon regretté ami Jacques Benveniste " il entre dans la catégorie des phénomènes non-reproductibles ". Les physiciens précisèrent alors ce modèle en suggérant " qu'au début était la lumière ". Pour reprendre le mot du prix Nobel Steven Weinberg, pendant le premier centième de seconde l'univers était empli " de toutes sorties de rayonnements". Il entendait par là des photons, des neutrinos plus un mélange de matière et d'antimatière où les éléments cheminaient tous à une vitesse très proche de celle de la lumière.

( Je signale au passage que ce modèle pêche par l'impossibilité de mettre en évidence l'existence d'antimatière cosmologique, en quantité fondamentalement égale à celle de la matière, ce qui m'a fait intituler un ouvrage, paru en 1997 chez Albin Michel, puis repris en poche par Hachette " On a perdu la moitié del'univers " )

Dans la Genèse 1. 3 : Dieu dit "que la lumière soit !" et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne. Dieu sépara la lumière des ténèbres, etc.....

Hasard ? Coïncidence ? Je laisse au lecteur se loin de conclure.

Le texte de la Genèse peut se prêter à des masses de réflexions. S'agit-il de la transcription sous forme d'un mythe, ou d'une doctrine, selon le point de vue adopté, d'éléments ayant quelque lieu avec des réalités historiques ou ontologiques ? Qu'est-ce que le jardin d'Eden ?

Genèse 2.9 Le Jardin d'Eden. Le seigneur fit germer du sol tout arbre attrayant et bon à manger. L'arbre de vie au milieu du jardin et l'arbre de la connaissance " du bonheur et du malheur " ( ou selon d'autres interprétations "du bien et du mal" ).

Dans ce jardin d'Eden ( Genèse 2.25 ) Tous étaient nus, l'homme et sa femme, sans se faire mutuellement honte.

Dieu ajoute :

Genèse 2. 17 : Mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu devras mourir.

Logiquement cela signifierait qu'avant d'avoir goûté à ce fruit, les êtres humains n'avaient aucune conscience de ce que pouvaient être le bien et le mal. Ce qui est un état d'animalité, guidé par un instinct, exempt de référence conduisant à un libre choix. La phrase " tu devras mourir " ne signifierait-elle pas " tu auras conscience que ta propre mort sera inscrite au bout du chemin de ta vie ". Les animaux savent-ils qu'ils sont mortels ? Ce passage ne serait-il pas une transcription imagée de l'émergence de l'homme à partir d'une espèce animale ?

Mais, une fois ce pas franchi, l'homme et sa compagne sont chassés de cet état édenique.

Genèse 3.17 : Le sol sera maudit à cause de toi. C'est dans la peine de tu t'en nourriras tous les jours de ta vie. 18 Il fera germer pour toi l'épine et le chardon. 19 A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu'à ce que tu retournes au sol, car c'est de lui que tu as été pris.

Les espèces herbivores ou frugivores " ne travaillent pas ". Le précurseur de l'humain était-il un herbivore ou un frugivore, jouissant d'un jardin édenique ?

Des phrase intrigantes :

Genèse 3. 22. " Maintenant que l'homme ne tende pas la main pour prendre de l'arbre de vie, en manger et vivre à jamais !". 23. Ayant chassé l'homme il posta des chérubins à l'orient du jardin d'Eden avec la flamme de l'épée foudroyante pour garder le chemin de l'arbre de vie.

Le jardin d'Eden ne contenait pas un arbre, mais deux. Quel est ce second arbre, l'arbre de vie, dont l'accès se trouve aussi sévèrement gardé. Mon ami Yves Gautier avait un jour suggéré que cet arbre soit l'image de la connaissance en génétique.

Continuons ce petit jeu avec le texte ....

Genèse 3. 16. Dieu dit à la femme " Je ferai qu'enceinte, tu sois dans de grandes souffrances; c'est péniblement que tu enfanteras des fils ".

Inversons la phrase : Quels sont les animaux qui, ayant des capacités physiques comparables à celles des humains, enfantent avec facilité ? Réponse : les marsupiaux, les mammifères non placentaires.Il existe aujourd'hui des souris marsupiales. Il existait encore au début du siècle un loup marsupial, le thylacine, disparu depuis. La femme crée un nid interne dans son utérus où elle "couve son oeuf", mettant au monde une progéniture évoluée Un bébé kangourou, à la naissance, ne mesure que 2 cm de long. La mère doit le glisser au plus vite dans une poche protectrice où il sucera un lait diffusant à travers la peau, selon des touffes de poil. Les femelles kangourou n'ont pas de mamelons.

 

Eve avait-elle des seins ?

 


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