Cosmic Story

Il avait été difficile d'établir un contact avec les extraterrestres. Les malentendus avaient été nombreux. Il y avait d'abord eu cette peur viscérale que ressentait les terriens vis à vis de toute présence étrangère sur leur planète, une peur qui est aussi celle de l'inconnu. Il faut par exemple se rappeler quelle fut la réaction des Papous de la vallée du Waagi, au coeur de la Nouvelle Guinée lorsqu'ils vivent pour la première fois atterrir un aéroplane sur leurs terres affrétée par la compagnie australienne dont le but était de mettre la main sur leurs riches gisements aurifères, et piloté par un polonais répondant au nom de Grabowski, un véritable géant. L'ensemble des membres de la tribu firent immédiatement dans leur pagnes de feuilles, ce qui fut du plus mauvais effet.

Des films des années cinquante comme "la Chose d'un Autre Monde" ou "la Guerre des Mondes", et plus récemment "Indépendance Day", puissamment ancrés dans l'inconscient collectif des terriens ne facilitaient pas non plus les choses. L'approche diplomatique, freinée par des incompréhensions réciproques fut donc laborieuse. Par ailleurs il était tout à fait évident pour les expéditionnaires extraterrestres comme pour les terriens que les oligarchies indigènes étaient totalement incapables de gérer une telle situation. Les ufologues non plus, du reste, qui avaient de fait encore plus peur que tous les autres réunis. Les scientifiques, étant donnée leur fermeture d'esprit légendaire, de même que les leaders religieux ne constituaient pas a priori des interlocuteurs possibles. Il restait le tout venant.

Du côté des extraterrestres les choses ne furent pas non plus aussi simples qu'on aurait pu l'imaginer. Les terriens découvrirent au cours de ces tractations, qui furent essentiellement gérées par Internet, que la Terre hébergeait en fait sur son sol une bonne trentaine d'ethnies différentes. Certaines étaient arrivées récemment, d'autres prétendaient contrôler les événements sur Terre depuis des temps immémoriaux. Pire encore : ces gens, non seulement n'étaient pas d'accord entre eux, mais possédaient des technologies dans des états d'avancement très divers. Il en était de même sur le plan culturel et linguistique, en dépit des performances des interfaces sémiologiques standards dont la plupart, à de rares exceptions près, étaient compatibles. .

Si certaines ethnies acceptaient de dialoguer, à la fois entre elles et éventuellement avec des terriens suffisamment stables psychologiquement, d'autres au contraire semblaient se fuir comme la peste, sans qu'on ait jamais très bien pu comprendre les raisons de ces dissensions. Ceci étant on pouvait en gros classer ces ethnies en deux catégories, selon l'ancienneté de leur présence sur Terre. Ceux qui avaient mis le pied sur notre sol en de temps parfois très reculés mettaient en avant leur expérience de l'histoire terrestre en évoquant la création, à l'aide d'effets spéciaux relativement simples à mettre en oeuvre, de courants religieux assez puissants. Mais les tard venus objectaient qu'étant donné l'état d'avancement de la technologie des terriens de telles recettes ne donneraient plus, de nos jours, le profit escompté, n'importe quel imbécile étant capable de parler dans la tête d'un de ses semblables à l'aide d'un fusil à micro-ondes pulsées acheté en grande surface ou de foutre le feu à un buisson, à distance, à l'aide d'un laser à infrarouge.

La perplexité était donc générale, dans les deux camps. Les extraterrestres insistaient sur les risques inhérents à des transfert incontrôlés de technologies. Sur ce plan le collectif extraterrestre adressa un blâme aux petits gris en dénonçant leur collaboration avec les Nord Américains, en échange d'un site d'implantation dans l'aire 51, au Nevada, au lieu de se faire simplement octroyer une concession sur la face cachée de la Lune ou dans des plateaux sous-marins, comme les autres expéditionnaires.


Les gris invoquèrent l'état extrêmement dégradé de leur planète, ce qui leur valut une réplique cinglante des Grands Galactiques qui leur répliquèrent qu'ils n'avaient somme toute que ce qu'ils méritaient. En effet les terriens apprirent que les gris avaient joué inconsidérément avec leur génome planétaire, dans le but de se transformer eux-mêmes en surhommes. Les résultats furent catastrophiques. Non seulement ils n'obtinrent pas les résultats escomptés au plan esthétique, loin s'en faut comme on peut le voir sur l'image ci-dessus, mais ils bousillèrent au passage l'ensemble de leur génome végétal, de manière irréparable, la synthèse chlorophyllienne tombant à un taux si bas que toute vie en surface était devenue impossible pour un joli paquet de milliards d'années.

Les discussions furent animées lors du sommet interplanétaire de Thulé. D'un côté les petits gris essayaient de se défendre en mettant en avant leur ignorance et de l'autre des représentant d'ethnies plus au fait de ces choses leur répétaient "quand on ne sait pas, on demande". Tout le monde tomba d'accord sur le fait que les terriens ne constituaient pas une ethnie aussi arriérée qu'il avait pu paraître de prime abord en dépit de moeurs fort étranges et d'une technologie au ras de la couche atmosphérique. La plupart des présents votèrent une moratoire interdisant jusqu'à nouvel ordre toutes nouvelles expérimentations d'hybridation sauvage. Les gris se firent tancer vertement pour avoir d'emblée traité les terriens en simples cobayes, sous prétexte que les techniques des voyages interplanétaire et des manipulations mentales les plus élémentaires leur étaient inconnues.

Les choses se débloquèrent lorsque des échanges directs purent intervenir entre terriens et extraterrestres. Ca n'est qu'à travers des rencontres physiques que les choses purent réellement avancer. Linguistiquement les choses n'étaient pas simples. Les terriens, par exemple, ne possédant d'une seule zone de Broca, donc un seul centre du langage, disposaient en revanche d'un inconscient, dont les extraterrestres étaient démunis. Le corollaire était que les terriens possédaient un monde imaginaire, difficilement concevable pour les extraterrestres et pratiquaient constamment la métaphore. Il leur fallut bannir de leur vocabulaire toute phrase commençant par "si je peux me permettre une image...", celle-ci étant dépourvue de sens pour leurs interlocuteurs. A l'inverse les long silences pratiqués par les ces derniers entre deux échanges ne devaient pas être interprétés comme des signes de défiance, de mauvaise volonté ou d'incompréhension mais traduisait simplement le fait qu'avant de formuler leur réponse, dotés de deux zones de Broca en interaction, "ils devaient préalablement se mettre d'accord avec eux-mêmes". En passant sur le fait que, selon ses propres critères, chacune des deux parties en présence aurait pu classer l'autre au rang de malades mentaux une communication put se construire au fil du temps avec plus ou moins de bonheur, émaillée d'incidents diplomatiques parfois assez cocasses, liés à des incompréhensions réciproques. On notera cependant une exception concernant l'une des ethnies extraterrestres, structurée autour de deux inconscients en interaction. Dotés d'un langage exclusivement métaphorique, donc assez difficile à suivre, ces êtres avaient néanmoins pu élaborer des systèmes technologiques assez sophistiqués avec lesquels ils communiquaient à l'aide de manifestations musicales. Sur Terre, leur intérêt s'était depuis leur arrivée concentré sur les seules choses qui leur soient accessibles : la visite des musées, l'assistance à des concerts et la lecture de textes surréalistes.

Les terriens durent se faire à l'idée que la grande majorité des extraterrestres impliqués avaient développé des systèmes d'intelligence artificielle, comparable à "Hal", dans le film 2001 l'Odyssée de l'Espace, du génial Kubrik. Un peu partout l'émergence de tels systèmes, extensions naturelles de la découverte de l'informatique et des capacités offertes par les systèmes auto-programmables s'était imposée comme un grand facteur de stabilisation vis à vis des problèmes démographiques, politiques, sociaux, de santé, économiques, etc. L'ordinateur, incorruptible, avait imposé "une justice de fer et une mise sur pied d'égalité sans faille" entre les individus. Mais le revers de la médaille avait été de développer des société assez proches, toutes proportion gardées, du "Meilleur des Mondes" d'Aldous Huxley.

Les choses se présentaient en fait de manière fort étrange. Lorsque les extraterrestres avaient fait émerger leurs systèmes d'intelligence artificielle ceux-ci connurent un développement absolument explosif en s'appropriant une autonomie non prévue au programme. Non seulement ceux-ci se révélèrent rapidement incontrôlables mais ce processus s'opéra dans certains cas à l'insu des ethnies concernées. Certains élément se doutaient bien que quelque chose clochait mais d'une part se sentaient bien incapables "d'envoyer les mains" dans des systèmes de "gestions des ressources physique, biologiques et humaines" devenus si compliqués, d'autre part craignaient par quelque intervention inconsidérée de créer un déséquilibre catastrophique compromettant une stabilité chèrement acquise après des histoires qui en général les avaient amenées au bord de la vitrification. Les systèmes politiques se trouvèrent "auto-verrouillés" lorsque les systèmes d'intelligence artificielles s'emparèrent à leur tour des structures démocratiques des planètes. En effet, si les machines, en dernier ressort, ne prenaient pas elles-mêmes les décisions, elles fournissaient en revanche tous les éléments d'analyse avec les fourchettes des probabilité dotées de quatre chiffres significatifs. Ainsi les conseils planétaires devaient-ils s'appuyer sur ces analyses pour déterminer leurs choix. Comme personne ne se sentait capable de fournir des analyses différentes, les gens ayant depuis des dizaines de générations perdu jusqu'à l'habitude d'effectuer les opérations arithmétiques les plus simples, la vie politique consistait à approuver passivement des décisions en fait suggérées par les machines en choisissant les options affectées par les machines des probabilités de succès les plus élevées.

Dépouillées de leur caractère passionnel les relations inter-sexes se simplifièrent à l'extrême. L'éducation de la progéniture étant confiée aux machines, les choses ne firent que s'accentuer. En effet, plus un système est complexe, plus il est instable, phénomène qui avait été perçu sur Terre très tôt par Aldous Huxley lui-même, énonçant son célèbre principe "identité-stabilité". En suivant une logique implacable en fonction des objectifs assignés les machines sélectionnèrent les souches humaines les plus paisibles, les moins susceptibles d'être le siège "d'orages émotionnels". En même temps, dans la droite ligne de cette politique d'orthothénie les machines modelèrent les génomes humains en favorisant l'émergence d'éléments présentant le maximum de ressemblances à la fois physiques et psychologiques. L'instabilité des union maritales s'en trouva du même coup totalement supprimée, chacun ayant le même conjoint que son voisin de palier.

Lorsqu'ils débarquèrent sur Terre les extraterrestres furent évidemment fort surpris de découvrir une ethnie où le principe d'individualité avait été maintenu, allant jusqu'au fait que les êtres humains se désignaient par des noms différents. Non seulement cette fracture liée à cet individualisme foncier affectait l'ethnie terrienne toute entière, mais celle-ci s'était elle-même fragmentée en sous-ethnies dotées, fait aggravant, de langages différents. A cela s'ajoutait un nombre hallucinant de coutumes incompréhensibles et non-fonctionnelles, allant du pli de pantalon à la clitoridectomie.

Pendant longtemps les extraterrestres se contentèrent d'observer à distance, en mesurant ici et là les réactions encéphaliques provoquées par des apparitions de nefs ou d'expéditionnaires. Les uns et les autres développèrent leurs propres techniques, en échangeant parfois leurs résultats d'analyse. Mais au début du troisième millénaire les choses se compliquèrent subitement, précisément au moment où les terriens sablèrent le champagne après avoir terminé "la cartographie complète du génome humain". Tous les biologistes de la Terre en étaient arrivés à la conviction qu'une bonne partie de l'ADN humain était "non-fonctionnel", ces segments recevant le qualificatif de "junk-ADN" ( en anglais junk signifie "camelote", "détritus", "bric à brac" ). En assimilant l'ADN humain à un "livre" ils eurent l'impression de pouvoir disposer de "pages inutilisées" ou emplies de "non-informations", d'une sorte de "bruit de fond génétique", segments sur lesquels ils allaient pouvoir inscrire de nouveaux attributs, développant ainsi les capacités de l'être humain. Bien sûr, personne ne réalisait qu'en fait ce "junk ADN" constituait la machinerie assurant l'auto-réparation de l'ensemble du système. La catastrophe était au bout du chemin, à très brève échéance.

Les extraterrestres, en ce début de ce troisième millénaire se trouvèrent alors confrontés à deux choix.

- Soit s'asseoir sur le bord d'un cratère lunaire et observer, de loin, le collapse complet de la société terrienne
- Soit intervenir autoritairement.

Dans la seconde optique la seule solution envisagée consista à essayer de former des supplétifs terriens de manière à les familiariser avec le maniement d'une intelligence artificielle adaptée à leur biotope et spécialement conçue à leur intention par le collectif. Intervint alors un phénomène imprévu. Certains terriens, impliqués dans la procédure graduelle de contact devinèrent l'existence d'intelligences artificielles au sein des corps expéditionnaires. Les terriens sont les êtres humains les plus indociles et pervers de la galaxie. Ils sont non seulement indisciplinés, mais à la fois imaginatifs, perspicaces et imprévisibles. Les premiers signes de disfonctionnements apparurent lorsqu'un groupe de terriens, dialoguant avec l'une des ethnies à l'aide d'une interface protocolaire informatisée classique s'interrogea sur l'existence possible de mécanisme immunologiques au sein de cette intelligence artificielle, susceptible de contrarier l'apparition d'idées neuves dans l'ethnies qu'elle était censée contrôler. Schématiquement, on peut comparer ce phénomène de disfonctionnement logique à l'effet Larsen. En peu de semaines ce questionnement, communiqué à la machine, se comporta comme un virus et plongea, stricto sensu, cette interface protocolaire dans un "abîme de réflexion". Les choses s'aggravèrent du fait que les différentes ethnies, à peu d'exceptions près, avaient interconnecté leurs systèmes d'intelligences artificielles, ce qui n'avait, à la différence du système terrestre Windows, pas posé jusqu'ici de problème notable. Fort heureusement les contacts purent être coupés in extremis avec les planètes d'origine avant que ce "géovirus" ne puisse exercer ses ravages ailleurs que sur Terre.

Les expéditionnaires résidant sur Terre ou dans les planètes du système auquel cette planète appartenait conservèrent secrète la seconde question posée par les terriens. En effet, dans tous les systèmes connus les systèmes d'intelligence artificielle sont classiquement placés sous le contrôle d'êtres humains jouant le rôle de disjoncteurs, de "fusibles", capables d'interrompre tout processus susceptible de nuire à l'ethnie. Mais personne n'avait songé au fait que ces groupes comprenant un assez petit nombre d'individus étaient en fait sélectionnés par la machine, de facto, leur mise en place étant déterminée, sur des soit-disant choix humains, en fait sur la base de profils produits par les machines elles-mêmes. Afin d'éviter tout mouvement anarchique au sein des corps expéditionnaires on décida de laisser les structures d'autorité "en l'état" en "évitant de se poser des questions". Prudemment, en attendant que des mesures ad hoc puissent être prises on préféra éviter que cette idée subversive ne s'étende aux planètes d'où les expéditionnaires étaient originaires. En même temps une sorte de "cesser-le-feu" s'instaura entre terriens et extraterrestres, les premiers, en échange de la suspension du plan de mise sous contrôle promettant de ne plus poser de nouvelles questions.

Néanmoins un nombre assez important de représentants d'ethnies extraterrestres particulièrement fragiles furent mis sous tranquillisants, voire même en état d'hibernation dans les cas les plus graves. Un solution se dessina néanmoins lorsque les terriens affirmèrent que leur intention n'étaient nullement de nuire à leur voisins en plantant la pagaille dans leurs systèmes d'intelligence artificielle gestionnaires extraterrestres. Lorsqu'un minimum de confiance mutuelle put s'installer les choses se détendirent quelque peu. Plus encore, la possibilité d'échanges culturels bilatéraux fut envisagée. Les terriens ne niaient d'ailleurs pas les vertus potentielles des IA, mais recommandaient un encadrement plus strict pour éviter une perte de contrôle, ce qui imposait le fait de maintenir un état de libre choix chez les représentants des ethnies extraterrestres.

La chose fut discutée de manière très serrée. Fallait-il déglobaliser les ethnies extraterrestres en réintroduisant chez elles le concept d'individu ? Des expériences psycho-sociales en milieu clos, parfois très mal vécues chez certains, furent tentées dans des groupes de volontaires qui furent dotés de noms et de prénoms. Dans le cadre de ces échanges culturels de nombreuses expériences furent développées. Les petits gris, qui avaient toujours rêvé de faire du ski, furent initiés au chasse-neige avec un succès non-négligeable, en dépit de nombreux accidents liés à des fautes de carres.

En parallèle les extraterrestres mirent à la disposition des terriens leur avance technologique pour traiter certains points chauds de la planète. Au fil des années les Américains, utilisant la technique de recherche d'armes de destruction massive, avaient étendu leur contrôle sur un nombre croissant d'Etats, le pays suivant étant censé avoir récupéré les armes de destruction massive du précédent. Après l'Irak et la Syrie, la Grèce, puis la Suisse et la France firent l'objet de guerre préventives. On en était là lorsqu'apparut sur une portion obscure de la Lune, faisant office de panneau d'affichage, l'annonce que les lieux où se trouvaient des armes de destruction massive seraient désormais indiqués, selon leur latitude et longitude. En indiquant des sites situés en Corée du Nord et en Chine ces messages permirent de nouvelles opérations de pacification tout à fait "chirurgicales". Pour éviter des bains de sang, les populations concernées préférèrent carrément permettre aux envoyés d'une ONU, enfin ragaillardie, de venir procéder à la mise hors service de ces dangereuses installations. Dans d'autres cas des impacts de missiles à antimatière permirent de détruire les installations souterraines des récalcitrants. En fait, des désignations aussi précises d'objectifs ne laissaient guère de choix aux intéressés. C'était vider les lieux au plus vite où finir scellés dans un mélange de roche et de métal fondu.

Les populations du monde furent cependant assez surprises lorsque les coordonnées affichées sur la Lune (tout le monde avait évidemment cru qu'il s'agissait d'une initiative émanant des Etats-Unis) désignèrent des lieux comme la fameuse aire 51. Mais il fallut bien obtempérer. Les petits gris installés dans les tréfonds de ce sanctuaire militaire américain, tout en renâclant, furent transportés vers de campements lunaires provisoires aménagés à leur intention pour la circonstance.

Au bout de quelques mois l'ensemble des sites se référant à des armes de destruction massive ayant été détruits sur Terre, on reconvertit ces terrains en plantations de choux pour faire de soupe, que les extraterrestres avaient entre temps appris à apprécier.

 


Retour vers Nouvelles

Nombre de consultations depuis le 20 janvier 2006 :

Retour vers Nouveautés       Retour vers Guide        Retour vers page d'Accueil