J'ai horreur des tueurs.
Qu'est-ce que vous voulez, c'est plus fort que moi.
Si j'en croise un, je ne peux pas m'empêcher de le tuer.
Pourtant il n'y a pas plus pacifique que moi.
Tenez, quand j'étais gosse, mes copains attrappaient des papillons.
Avec des filets à papillons.
Moi, quand ils avaient le dos tourné, je les relâchais.
Bien sûr.
Il faut foutre la paix aux papillons.
Ils ne nous ont rien fait.
Ils papillonnent, c'est tout.
Sans plus.
Hier, je rencontre un tueur.
Vous me direz : "comment saviez-vous que c'était un tueur ?"
C'est simple. Il est venu vers moi en me disant "je suis venu pour vous tuer. Il y a un contrat sur vous. Rien de personnel".
Mon sang n'a fait qu'un tour.
Je lui ai fait le coup que m'appris mon père.
Il était mathématicien.
Moi aussi, je fais des maths.
C'est de famille.
J'étais donc devant mon tableau noir et je réfléchissais.
Devant une équation.
Et voilà cet autre imbécile qui arrive et qui me dit "je suis venu pour vous tuer".
Ca, c'est la phrase à ne pas dire.
La phrase qui me met hors de moi.
Alors les réflexes reprennent le dessus.
L'homme se transforme en bête.
Je vous ai dit : je lui ai fait le coup que m'a appris mon père.
Une bonne secrète pour mathématicien, en quelque sorte.
Je lui ai dit "regardez ce qui vous tombe dessus"
Il a levé la tête en ouvrant la bouche.
C'est ça l'astuce.
Quand un type lève la tête, interloqué
Il
ouvre la bouche.
Alors je lui ai enfoncé mon chiffon à craie dans la gorge.
Il est mort étouffé.
Je l'ai enterré dans le jardin
Avec les autres.
Ma femme m'a dit : "tu n'aurais pas dû faire ça"
Je sais.
Mais je vous l'ai dit
Je ne supporte pas les tueurs. |