Biocarburants : danger !

8 septembre 2007

 

biocarburants

 

Vlà aut'chose......

J'ai reçu hier ce mail un mail d'un journaliste - écrivain : Fabrice Nicolino. Plutôt que de composer un nouveau dossier, je copie ce mail qui parle de lui-même :

 

 

Je suis journaliste (à Terre Sauvage et à La Croix), après avoir travaillé pour Politis, Géo, Le Canard Enchaîné, Télérama. Je suis le co-auteur, avec François Veillerette, du livre " Pesticides, révélations sur un scandale français " (Fayard, 2007). Si je me permets aujourd'hui de vous adresser ce message, c'est qu'il y a urgence, une urgence absolue.
Je publie le 3 octobre un livre intitulé " La faim, la bagnole, le blé et nous. " (Fayard). Son sous-titre est clair : une dénonciation des biocarburants.  Je veux vous en parler directement. Vous pouvez certes y voir une banale opération commerciale, mais tel n'est pas le cas.

L'expansion fulgurante des biocarburants est une tragédie planétaire. Elle conduit en premier lieu à la stérilisation de millions d'hectares de terres agricoles et à l'aggravation tragique de la faim. Pour faire rouler des bagnoles. Savez-vous que le quart du maïs américain sert déjà à fabriquer du carburant automobile ? Une telle révolution a des effets en chaîne sur
toutes les céréales et plantes alimentaires, dont le cours explose.

Elle conduit également à la destruction de ce qui reste de forêts tropicales. En Indonésie, le palmier à huile menace tout à la fois l'homme, l'orang-outan et l'éléphant d'Asie, ridiculisant tous les grands discours sur la biodiversité. En Afrique, le bassin du Congo est attaqué.

Au Brésil et en Amérique latine, on plante de la canne à sucre ou du soja partout. Pour remplir les réservoirs au détriment de la forêt et du cerrado, pourtant des écosystèmes uniques. Les biocarburants sont des armes de guerre et de mort.

Qui les soutient ? L'agriculture industrielle, les transnationales et tous ceux qui leur sont soumis, dont nombre de journaliste hélas. En France, je décris un système complexe dont l'un des centres n'est autre que le ministère de l'Écologie de M. Borloo, à travers l'Ademe et un organisme méconnu, Agrice. À quelques semaines du " Grenelle de l'Environnement ", cela mérite d'être discuté. Mais je n'oublie pas tous les autres, y compris certains écologistes fort mal inspirés.

Car les biocarburants, comme je le montre, et malgré de rares études manipulées par lobby, ont un bilan écologique désastreux, qui aggravera l'effet de serre, quoi qu'en dise la propagande. Et en France, leur développement signe la fin de la jachère, refuge de la faune banale, des oiseaux et petits mammifères.

Au fait, savez-vous qu'une usine du Havre transformera dès 2008 des animaux en biocarburants ? Et qu'on tente de faire pousser, par génie génétique, des arbres mous, permettant d'extraire leur cellulose, matière première des biocarburants ?

Ce monde est fou, et sans la moindre morale. J'ai fait ce que je pouvais, c'est-à-dire mon job. Pour tenter d'arrêter cette insupportable machine, j'en appelle solennellement à vous. Agissez ! Agissons ensemble.



Fabrice Nicolino, le 1 septembre 2007



http://www.liberterre.fr/actualiterres/nicolino.html

Réagissez sur http://terresacree.org/bagnoles.htm


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L'opinion de Fidel Castro ( Granma, 29 mars 2007 )

Voici le texte intégral de l'article de Fidel Castro (traduction Granma International / Latin Reporters):


Plus de trois milliards de personnes condamnées à mourir prématurément de faim ou de soif dans le monde

Cette estimation n’a rien d’exagéré, elle est plutôt conservatrice. J’y ai longuement réfléchi après la réunion qu’a eue le président Bush avec les fabricants nord-américains d’automobiles.

L’idée sinistre de transformer des aliments en carburant est devenue une grande ligne économique de la politique extérieure des Etats-Unis ce lundi 26 mars.

Une dépêche de l’AP, une agence dont les informations circulent partout dans le monde, indique textuellement :

« WASHINGTON, le 26 mars (AP) — Le président George W. Bush s’est félicité ce lundi des avantages qu’offrent les automobiles consommant de l’éthanol ou du biodiesel, au cours d’une réunion avec des représentants de l’industrie automobile organisée pour l’étude et la mise en oeuvre de ses plans de production de carburants alternatifs.

Bush a dit que si les leaders de l’industrie automobile s’engageaient à doubler la production de véhicules à carburant alternatif, cela encouragerait les automobilistes à abandonner les moteurs à essence et, par voie de conséquence, la dépendance du pays vis-à-vis des importations de pétrole s’en trouverait réduite.

«Ceci constitue un progrès technologique important pour le pays», a dit Bush après avoir inspecté trois véhicules à carburant alternatif. Si la nation se propose de réduire sa consommation d’essence, il faut mettre le consommateur en mesure de prendre une décision rationnelle.

Le président a invité le Congrès à examiner rapidement une loi proposée récemment par l’exécutif pour ordonner la consommation de 132 milliards de litres (35 milliards de gallons) de carburant alternatif pour 2017 et imposer des normes plus exigeantes d’économie de carburant pour les voitures.

Bush a eu une réunion avec le président du conseil et directeur général de General Motors Corp, Rich Wagoner; le directeur général de Ford Motor Co., Alan Mulally, et le directeur général du groupe Chrysler de Daimler Chrysler AG, Tom LaSorda.

Les participants à la rencontre se sont penchés sur les mesures à prendre pour soutenir la production de véhicules à carburant alternatif, développer la production d’éthanol à partir du gazon ou de la sciure, et étudier une proposition pour réduire de 20% la consommation d’essence en l’espace de dix ans.

Les conversations ont eu lieu au moment où le prix de l’essence montait. L’étude la plus récente de l’organisation Lundberg Survey signalait que le prix moyen de l’essence avait augmenté de 6 cents par gallon (3,78 litres) ces deux dernières semaines sur le marché national, atteignant 2,61 dollars.
»

J’estime que la réduction et le recyclage de tous les moteurs qui consomment de l’électricité et du carburant constitue un impératif élémentaire et urgent pour toute l’humanité. La tragédie ne tient pas à la réduction de ces dépenses d’énergie mais au projet de transformer des aliments en carburant.

On sait aujourd’hui, en toute précision, qu’une tonne de maïs donnera en tout et pour tout 413 litres (ou 109 gallons) d’éthanol en moyenne, avec des variations selon la densité.

Le prix moyen du maïs dans les ports des Etats-Unis se monte à 167 dollars la tonne. Il faudrait 320 millions de tonnes de maïs pour produire 35 milliards de gallons d’éthanol.

Selon des données de la FAO, la récolte de maïs des Etats-Unis pour 2005 a été de 280,2 millions de tonnes.

Le président a beau parler de produire du carburant à partir de gazon ou de sciure, il est clair que cette perspective est totalement dépourvue de réalisme. Trente-cinq milliards, pour ceux qui ne s’en rendraient pas compte, c’est trente-cinq, suivi de neuf zéros.

On verra ensuite venir de magnifiques exemples de productivité par homme et par hectare, donnés par les agriculteurs expérimentés et bien organisés des Etats-Unis : le maïs transformé en éthanol, les résidus de ce maïs transformés en fourrage pour le bétail, avec 26% de protéines, et les excréments du bétail utilisés comme matière première pour la production de gaz. Mais naturellement tout ceci ne pourra intervenir qu’après des investissements considérables qui ne seront à la portée que des entreprises les plus puissantes, pour lesquelles tout fonctionne à partir de la consommation d’électricité et de combustibles. Appliquez la recette aux pays du tiers monde et vous verrez combien de personnes cesseront de consommer du maïs parmi les populations affamées de notre planète. Ou pire encore : octroyez des prêts financiers aux pays pauvres pour produire de l’éthanol de maïs ou de tout autre denrée alimentaire et il ne restera plus un seul arbre pour protéger l’humanité du changement climatique.

D’autres pays du monde riche envisagent d’utiliser non seulement du maïs, mais aussi du blé, des graines de tournesol, du colza et d’autres aliments pour en faire des carburants. Pour les Européens, par exemple, ce serait une bonne affaire d’importer tout le soja du monde pour réduire les dépenses de leurs automobiles en carburants et alimenter leur bétail avec les résidus de cette légumineuse, spécialement riche en toutes sortes d’acides aminés essentiels.

A Cuba, les alcools étaient tirés des sous-produits de l’industrie sucrière, après extraction, par trois fois, du jus de canne. Le changement de climat affecte déjà notre production sucrière. De grandes sécheresses alternent avec des pluies record, qui permettent à peine de produire du sucre durant cent jours avec des rendements convenables pendant les mois de notre hiver très doux, de sorte qu’il nous manque du sucre par tonne de canne ou il nous manque de la canne par hectare à cause des sécheresses prolongées durant les mois de semailles et de culture.

Au Venezuela, je crois savoir que l’alcool ne sera pas destiné à l’exportation, mais à l’amélioration de la qualité environnementale de leur propre combustible. C’est pourquoi, indépendamment de l’excellente technologie brésilienne de production d’alcool, à Cuba l’emploi d’une telle technologie pour la production directe d’alcool à partir du jus de canne ne serait qu’un rêve ou une extravagance de la part de ceux qui se laissent bercer par cette idée. Dans notre pays, les terres consacrées à la production directe d’alcool peuvent être beaucoup plus utiles pour la production d’aliments pour le peuple et pour la protection de l’environnement.

Tous les pays du monde, riches et pauvres, sans aucune exception, pourraient économiser des milliards de dollars en investissement et combustible en remplaçant simplement toutes les ampoules incandescentes par des ampoules fluorescentes, ce qui est chose faite à Cuba dans tous les foyers du pays. Cela signifierait un répit pour résister au changement climatique sans faire mourir de faim les populations pauvres du monde.

Comme on peut le voir, je n’utilise aucun adjectif pour qualifier le système et les maîtres du monde. Cette tâche est du ressort des experts en information et des spécialistes honnêtes en sciences sociales, économiques et humaines qui abondent dans le monde et qui, constamment et avec talent, se penchent sur le présent et l’avenir de notre espèce. Il leur suffit d’un ordinateur et d’un nombre croissant de réseaux d’Internet.

Nous connaissons aujourd’hui pour la première fois une économie réellement globalisée et une puissance dominante dans le domaine économique, politique et militaire, qui n’a rien à voir avec la Rome des empereurs.

Certains se demanderont pourquoi je parle de la faim et de la soif. Je réponds : il ne s’agit pas du revers de la médaille, mais de plusieurs faces d’une autre pièce, à l’image d’un dé à six faces, ou d’un polyèdre avec beaucoup plus de faces.

J’ai recours dans ce cas à une agence officielle d’information, fondée en 1945 et généralement bien informée sur les problèmes économiques et sociaux dans le monde : la TELAM. Je cite, textuellement :

« Près de deux milliards de personnes habiteront dans un délai d’à peine 18 ans dans des pays et des régions où l’eau ne sera plus qu’un lointain souvenir. Deux tiers de la population mondiale pourraient vivre dans des lieux où cette pénurie pourrait déboucher sur des tensions sociales et économiques de telle ampleur qu’elles pourraient entraîner des peuples dans des guerres pour l’«or bleu», devenu l’objet de toutes les convoitises.

Durant les cent dernières années, l’utilisation de l’eau a augmenté à un rythme plus de deux fois supérieur au taux d’accroissement de la population.

Selon les statistiques du Conseil mondial de l’Eau (WWC, selon son sigle en anglais), on estime que vers 2015 le nombre d’habitants touchés par cette grave situation pourrait atteindre 3 milliards 500 millions de personnes.

L’Organisation des Nations Unies a célébré le 23 mars la Journée mondiale de l’eau, appelant à affronter dès maintenant la pénurie mondiale d’eau sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), dans le but de souligner l’importance croissante du problème et la nécessité d’une meilleure intégration et coopération permettant de garantir une gestion soutenue et efficace des ressources hydrauliques.

De nombreuses régions de la planète souffrent d’une sévère pénurie d’eau, avec moins de 500 mètres cubes par personne et par an. De plus en plus de régions sont touchées par la pénurie chronique de cet élément vital.

Les principaux effets de ce phénomène sont l’insuffisance de ce précieux liquide pour la production d’aliments, l’impossibilité du développement industriel, urbain et touristique et les problèmes de santé.
»

Ici s’achève la dépêche de TELAM.

Je n’ai pas parlé ici d’autres faits importants, comme la fonte des glaciers au Groenland et dans l’Antarctique, la destruction de la couche d’ozone et la croissance de la quantité de mercure dans de nombreuses espèces de poissons de consommation courante.

D’autres sujets pourraient être abordés, mais je me propose simplement, dans ces quelques lignes, de commenter la réunion du président Bush avec les principaux acteurs de l’industrie automobile nord-américaine.

Fidel Castro

 

 

 

 

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