Faux Picasso : comment a-t-on pu ?

11 novembre 2004

Ce faux Picasso était la propriété du Musée Malloway de Toronto depuis 1947, date de l'acquisition. Si la facture est effectivement assez fidèle, vis à vis de l'ensemble de l'oeuvre de l'artiste il est tout à fait étonnant que les responsables du musée n'aient pas remarqué la présence, sur la droite du tableau, d'un micro-ordinateur qui n'existait pas cette époque. C'est un informaticien qui, découvrant ce tableau a fait soudain remarquer cet anachronisme, ce qui a plongé les autorités du musée dans une gêne bien compréhensible.


Cette page htm est un canular. C’est moi-même qui, il y a vingt cinq ans ai créé ces « œuvres », pastiches comme cette fausse fresque Egyptienne ou ce faux Daumier qui, toutes, portent en évidence un ... micro-ordinateur. Un ami avait une revue "d'Informatique administrative" et m'avait commandé des couvertures. Il y eut donc toute cette série. Je n'ai pas pu remettre la main sur un faux Toulouse Lautrec que j'avais fait à cette époque où on voit un groupe de femmes de mauvaise vie en train de compter leurs passes sur un ... Mac Intosh. Jamais je n’aurais imaginé une seule seconde que des lecteurs auraient pu prendre au sérieux des farces dont les ficelles étaient aussi grosses. Qui aurait pu imaginer que les responsables de musées et des experts en œuvres d’art auraient pu ne pas voir la présence aussi évidente d’un micro-ordinateur sur un bas-relief égyptien, un Daumier ou un Picasso. Mais il se trouve que quelques lecteurs s’y sont laissés prendre, de toute bonne foi.

Quand j’ai, sur mon site, placé un dossier évoquant la mise en œuvre d’un test destiné à dépister la connerie, dû à Wilfried Wurmstein et à Laetitia Paparrazi quelques lecteurs se précipitèrent sur Google, un réflexe qui est aujourd’hui devenu un standard, pour trouver la trace de ces deux chercheurs dans ce que les internautes considèrent aujourd’hui comme une véritable encyclopédie.
Il y a une leçon à tirer de ces expériences, où j’ai été moi-même le premier surpris. J’ai écrit maintes fois « apprenez à penser par vous-mêmes, sinon d’autres le feront pour vous ». Ces farces innocentes nous rappellent combien l’information peut être manipulée. Certains m’écrivent « nous suivons vos écrits parce que nous avons confiance en vous ». Ca n’est pas la bonne démarche. Vous devez apprendre à lire tout ce qui vous tombe sous la main avec un esprit critique, comme je tente de le faire moi-même. Ce qui est peut être le plus intéressant dans cette démarche de diffusion d’information sur un site c’est son caractère interactif. Sans cesse des lecteurs m’écrivent « ce que vous dites est inexact, Untel n’a jamais été président d’une amicale Franco-Israélienne… les choses ne se sont pas passées ainsi » etc. Et j’en tiens compte. L’information qui, sur Internet, peut rester accessible sans limitation de temps, devient dynamique, susceptible de révision au quotidien et j’en sais gré à mes lecteurs. C’est cette interactivité qui m’a permis de m’aventurer dans des sujets aussi pointus que le problème israélo-palestinien ou comme je le fais en ce moment un rappel sur les événements de la Guerre d’Algérie.

Sachez enfin que Google, si étonnamment performant, est une structure qui fonctionne "en symbiose" avec la NSA, la National Security Agency américaine. En devenant immédiatement le moteur de recherche le plus performant de la planète, Google pénètre de ce fait chez vous, perçoit vos centres d’intérêt, vous localise et peut permettre à terme de vous manipuler lorsque vous lui ferez… une confiance absolue. Pensez-vous que l’on puisse faire une confiance aveugle.. à la NSA ? Le monde actuel vit des heures trop graves pour que nous puissions garder notre naïveté. Le mensonge n'est pas une invention de notre monde contemporain. L’histoire contemporaine est là pour nous le rappeler, qui accouche si lentement de ses vérités.



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